Il fait toujours plus sombre avant l’aube – Samantha INTROZZI – 2023 – Ed. Ex Aequo

Quatrième de couverture

Parfois, la vie ne se déroule pas comme on l’avait prévu. Megan Felton et William Cooper sont de jeunes écrivains prometteurs qui rêvent de gloire, mais leurs livres ne séduisent aucun éditeur. Leurs illusions brisées, ils se retrouvent à travailler face à face dans un bureau exigu comme simples pigistes. Et pour parfaire cette situation insupportable, ils se détestent. Se pourrait-il que leurs déceptions communes les rapprochent ? Will, en proie au désespoir, ne parvient plus à écrire, tandis que Meg reçoit sa centième lettre de refus. Alors qu’ils sont sur le point de renoncer à leur passion, ils comprennent que pour combler ce gouffre qui les guette, ils ont besoin que quelqu’un les sauve. Quand devient-on un véritable artiste ? Quand faut-il tout abandonner, et quand faut-il persévérer ? Le bonheur et la réussite ne prendraient-ils pas des chemins détournés et insoupçonnés ? Meg et Will, broyés par le tumulte de la vie quotidienne, doivent compter l’un sur l’autre pour affronter les mille échecs qui les attendent — et atteindre enfin leur unique victoire.

Chronique

L’écriture. Ce moment où un humain se rend compte que sa vie ne devient un vrai bonheur qu’au moment où il tient un stylo face à une feuille blanche. Au moment où son âme se déchire en mille mots qui ensanglantent de rêves cette page vierge. Tout auteur sait à quel moment la plume s’est révélée à lui et l’a enchaîné pour l’éternité. Pour des nuits blanches noircissant des dizaines de pages. Pour des instants où le monde disparaît et se dilue dans l’encre qui crée un monde à la hauteur de son imagination. C’est le sort de Meg et de Will qui sont promis à un grand avenir littéraire, selon leurs formateurs et la bourse reçue par Will durant ses études. Connaîtront-ils les lauriers de la gloire?

Quel écrivain n’a pas rêvé de gloire, dès le premier roman? À huit ans, je disais déjà à mes parents que je serai une écrivaine reconnue et riche. Ainsi que cela s’est passé pour Meg et Will, la vie s’est chargée de mettre un bémol à mes rêves. Ces deux auteurs sont un peu aigris, sonnés par ces éditeurs qui ne se rendent pas compte de leur don, de l’or qu’ils ont entre les mains. Doivent-ils continuer à écrire? Leur faut-il abandonner leurs rêves et les diluer dans la vie réelle qu’ils rejettent de toutes leurs forces? Tout écrivain fait face, un jour, à ces questions qui les pousse à un choix cornélien. Les monologues ont une pointe d’amertume, de cynisme, de terreur, de doute. Tandis que leurs échanges sont saupoudrés d’un fin humour. Il nous font penser à deux enfants têtus qui s’affrontent sans fin. Réellement sans fin?

Le monde de l’écriture est fait de doutes, de déceptions, de larmes ravalées. Meg et Will le découvrent amèrement. Quelqu’un s’extasiera-t-il, un jour, face à leur écrit? Ensemble, ils apprennent à relever la tête et à s’accorder une discipline stricte pour reprendre les rênes de l’écriture. Cette pièce de théâtre parle à tout auteur. A tout écrivain. L’auteur décortique bien ce moment de mal-être traversé par tout amoureux de la plume. Ce don inné réunira t-il les deux ennemis? L’union ne fait-il pas la force? Les échecs sont nombreux et les déceptions aussi. Le chemin sera long. Mais il suffira d’un seul instant: un unique moment de gloire.

Note 19/20

9791038806818   Ed. Ex Aequo Coll Entr’actes   75 p.   9€

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