Quatrième de couverture
Une jeune femme vient voir son grand-père dans sa résidence pour personnes âgées. Il lit de la philosophie ; elle est ingénieur. Elle teste une combinaison technologiquement avancée qui la recouvre intégralement et qui lui assure bien-être, sécurité et même l’éternité. Mais notre peau est une frontière. Elle nous distingue du reste de l’univers et en même temps nous met en contact avec lui. Qu’advient-il si une peau, artificielle, une double peau, vient recouvrir notre peau originelle ? Que deviennent notre relation au monde et aux autres ? Que devenons-nous nous-mêmes ? C’est cette situation qu’explore ce texte. Dans la lignée de Karel Čapek, il nous fait réfléchir sur les conséquences de la modernité sur la nature humaine. La perspective de la mort est-elle indispensable à la vie ? Qu’est-ce qu’un être humain ? Peut-on vivre sans être touché ?
Chronique

La vie est faite de sensations. D’émotions : douleurs, joie. De pertes, de deuils. De moments de bonheur. De contacts. C’est ce qui fait la particularité de chaque être humain. Tout cela l’aide à évoluer et à construire sa personnalité. Son destin. Sa recherche de l’immortalité. L’humain se forge une personnalité à travers les épreuves vécues. Cependant, la recherche de la longévité, de l’éternité, de la Fontaine de Jouvence est de l’ordre du fantasme. Quoique…Caly rend visite à son grand-père qu’elle n’a pas vu depuis longtemps. Ce dernier réside en maison de retraite. Les retrouvailles sont pleines d’émotions. Pourtant quelque chose a changé chez Caly et cela interpelle son grand-père.
Une peau intelligente. C’est ce que porte Caly. Une invention qui devra répondre aux desiderata des humains de demain. Nous assistons à un huis-clos entre deux personnes, deux générations qui débattent des bienfaits de la science cantique. Ai-je dit « bienfaits »? C’est ce que pense Caly, au grand dam de son grand-père. Comme le dit si bien le proverbe sénégalais, «Le vieillard voit, assis, ce que le jeune ne voit pas debout ». C’est un face à face enrichissant. Que serait la vie sans émotions? Sans besoins? Sans contact avec les autres ? Cette combinaison moulante que porte Caly ne l’éloigne t-elle pas du reste du Monde? Est-ce cela le progrès, la liberté?
Caly, une jeune femme a accepté de porter un élément d’une grande portée scientifique. Son grand-père, plus terre à terre, tente de la faire réfléchir et réagir face aux « qualité de vie » que lui apporte ce nouveau gadget. L’auteur de cette pièce de théâtre nous fait réfléchir aux dérives de la science. A ses débordements. A la place de l’homme dans ces inventions du futur. Quel est le sort de l’homme dans une vie où tout est anticipé par les machines, par la science? Une vie où tout rêve, tout désir est anticipé par ce que porte Caly? Un débat qui mettra la jeune femme face aux « oublis » de la science. Au fur et à mesure de ses rencontres avec son grand-père, Caly fait face aux interrogations de ce dernier et commence, peut-être à voir la situation différemment. Que va-t-elle décider? Quel choix va-t-elle faire? La science, froide, calculatrice ou la chaleur des émotions humaines?
Note 18/20
9781038806726 Ed. Ex Aequo Coll. Entr’Actes 88 p. 9€

