Musc – Claire POIRSON – 2021 – Ed. Ex Aequo

Quatrième de couverture

Quel est le masculin de « muse » ? Il n’y en a pas. La muse est nécessairement femme ; c’est ce que nous inculque la langue française. Et depuis Pétrarque, c’est ce que l’histoire poétique a choisi de garder. L’histoire de la poésie a été écrite par des hommes et avec des hommes. Les femmes sont les objets de l’amour, les muses, celles qui attendent patiemment leurs poèmes, sans fournir trop d’efforts si ce n’est celui d’être belles et bien parées. Mais où sont donc Sappho, Marceline Desbordes-Valmore, Rosemonde Gérard et Louise Michel ? Des femmes qui écrivaient l’amour et la liberté, des vivantes, pas des objets sur une étagère. Et si nous refusions de jouer le jeu ? Quel est le masculin de « muse » ? J’ai opté pour « musc » : le musc est un parfum animal, entêtant, curatif, excitant. Ce recueil est un ensemble de textes dédiés à quelques-uns des hommes qui ont jalonné ma vie : de la rencontre d’un soir à l’amour passion, de l’érotisme brut à l’amour doux, j’ai voulu y témoigner de mon histoire de femme. Je remercie mes muscs de m’avoir prêté leurs plumes.

Chronique

J’aime la poésie. C’est une manière, à travers des mots fleuris, de chanter l’amour, de pleurer la mort, de bercer la vie. En une ou plusieurs strophes, en alexandrins ou non, en sonnet, en acrostiche, en poêmes libres, en rimes croisées ou embrassées, les mots s’égrennent, s’envolent et se posent lentement sur la page. Au rythme d’un souffle. Sur le bout d’une larme. Dans un hoquet de colère. Dans un cocon d’amour. La poésie se déclame à haute voix, telle une pièce de théâtre dans un monologue qui fait naître la larme à l’oeil ou le sourire béat en écoutant la musicalité des mots.

Le titre de ce recueil fait penser à un parfum fort et doux. Un parfum qui peut, discrètement, être entétant. Un brin excitant. Mais, pour l’auteure, ce mot représente son inspiration.  L’auteure parle d’amour charnel, de désirs assouvis ou non, rêvés. Cet instant où une étincelle naît de la rencontre des regards, de l’union des corps, des mains, des rêves. Cette union  peut être cauchemardesque. Elle peut flirter avec la mort, la décadence, la déliquescence. Les mots parlent de l’enfant cauchemardé qui trouve sa place en existant et en ressemblant à tous les enfants, une fois présent.

Ce recueil de poésie déclame les poêmes sous forme de haïku, d’acrostiche… L’auteure parle de ses ressentis en temps que femme. Elle murmure lentement l’amour charnel, les désirs fantasmés. Elle hurle la perte de l’amour avorté avant d’exister. Elle sussure diaboliquement la relation phantasmée dans un cauchemar qui ne dit pas son nom. La déclamation de ces poèmes est rythmée et se termine souvent dans une vibration musicale ou dans une chute nette. Je déclame toujours les poèmes que je lis. Ce qui permet d’entendre la musicalité des mots, les césures, les chutes. C’est aussi une manière de s’approprier le poême. Ce recueil est vibrant de vie, d’amour et de petite mort.

Note 17/20

9791038801844  Ed. Ex Aequo  Coll. A l’en-vers   90 p   10€

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