Quatrième de couverture
La Cité des Oiseaux, un grand ensemble de la région parisienne composé de barres de logements sociaux. Un quartier où les habitants sont pauvres, où la vie quotidienne n’est pas toujours facile. C’est là que vit Mohamed, il est le gardien de la cité. Il est apprécié par les habitants, qui le surnomment Momo. C’est un employé sérieux et impliqué de l’Office Hlm, toujours prêt à accompagner les locataires et à leur rendre service, indifférent au trafic de drogue et au prosélytisme religieux qui quadrillent la cité. Quand Momo prend sous son aile Daria, la fille de six ans d’Anastasia, la prostituée toxico, il n’imagine pas que cela va bouleverser son existence, soudain menacée par l’affrontement entre gangs rivaux, sous le regard sournois du Bosniaque. Le gardien ne fait pas de quartier nous plonge dans l’ambiance et le quotidien d’une cité HLM sensible mais pourtant tellement humaine, peuplée de personnages attachants. Une histoire sombre, parfois violente mais racontée avec humour.
Mon Avis

Habiter une cité n’est, parfois, pas synonyme de chance. En être le gardien est chose difficile. Mohamed est né et a grandi dans la cité dont il est le gardien. Rien de plus normal. Personne ne lui a disputé la place. Au contraire. Tous les locataires le connaissent. Et Momo met beaucoup de cœur à son ouvrage. Une cité est rarement calme. Le business fonctionne de nuit comme de jour. Les choufs sont là pour y veiller. Momo, lui, est comme les trois petits singes: il ne voit rien, n’entend rien, ne dit rien. Ainsi, il peut garder sa cité sans problème. C’est une cité comme tant d’autres à travers la France. Tout le monde se connaît. Tout le monde sait. Tout le monde se tait. Puis un jour, un drame. Si violent et fort que Momo reste longtemps en état de choc.
Le récit nous fait entrer dans l’intimité d’une cité. Avec ses règles. Ses violences. Ses exactions. Son commerce souterrain. Mais aussi avec sa solidarité. Sa générosité (plutôt celle de ses habitants). Son lot de racistes. De pleutres. De pétitions sans noms et sans mobiles. Si, si, je vous assure que c’est vrai. Un trait d’humour dans ce monde de brutes. Le lecteur découvre le mode de fonctionnement des gangs qui y habitent. Des barbus qui tirent des ficelles. Un désir de vengeance met le feu aux poudres. Momo peut-il éteindre ce feu qui décime sa cité et la tranquillité de ses voisins? Comment y remédier? Comment s’en sortir sans se faire remarquer des gangs? Le drame qui l’empêche de dormir doit être vengé. Comment faire?
Tout à son désir de vengeance, Momo de gardien de la cité n’a pas anticipé ce qui pourrait advenir de cette dernière. L’auteur, d’une superbe plume, nous plonge dans la vie d’une cité. Dans la violence des gangs qui la régissent. Ainsi que le dit le dicton « le linge sale se lave en famille« . Ce que les gangs respectent à la lettre. Et ce n’est pas très propre. La vie ne vaut pas un pet de nonne. Elle se perd rapidement et violemment. Surtout quand les ennemis d’hier s’unissent pour faire place nette. Cela ne présage rien de bon. Quel est le rôle de Momo dans tout ce désordre? Comment peut-il ramener la paix dans sa cité? Le peut-il? La police, impuissante, compte les coups. Momo ne souhaite que le retour du calme. À ce stade de violence, est-ce encore possible?
9782379120619 Ed. Et le Bruit de ses Talons 176 p. 20#

