Au bord du précipice – Robert CAPPADORO – 2023 – Ex Aequo

Quatrième de couverture

Une histoire d’amour. L’amour d’un père pour son fils. L’amour d’un homme âgé pour une femme jeune. L’amour d’un occidental athée pour une musulmane. En face : le fanatisme, la violence, le crime. Arnold, un écrivain français de soixante ans, vit une grande passion avec Radhia, une jeune musulmane, quand son fils Mathias, humanitaire en mission auprès des enfants en Syrie, est pris en otage et assassiné par les islamistes alors qu’il est absolument innocent. Devant ce meurtre absurde, Arnold va faire quelque chose d’absurde pour démontrer qu’il est absurde : il prend en otages Leila Boualem, sa femme de ménage musulmane et sa fille Nadira, âgée de six mois, afin d’obtenir en échange de leur libération que plusieurs grandes chaînes de télévision diffusent une déclaration où il dénonce l’absurdité de ces assassinats d’humanitaires innocents commis presque quotidiennement à travers le monde. Mais, dans cette tragédie, face à la religion et ses intolérances, l’amour va apporter un espoir…

Mon Avis

La vie est parfois absurde. Plus tôt, certains actes posés dans cette vie. Des choix qui n’ont aucune raison d’être mais qui sont faits machinalement. C’est ce que pense Arnold, dont le fils a été exécuté par des islamistes. Mathias travaillait dans l’humanitaire. Sa mort a brisé quelque chose dans la vie de son père. Dans son cœur. Dans son âme. C’est un homme passionné et posé. Une contradiction à lui seul. Comment faire savoir au monde entier qu’il souffre profondément de cette perte? Comment manifester publiquement son amour à son fils? Arnold, romancier à ses heures perdues, pense avoir trouvé la solution. Est-ce vraiment une bonne idée?

C’est l’histoire d’un homme éperdu d’amour pour son fils. Un homme qui se perd et se cherche dans cet amour. Dans son amour de la vie, du plaisir. Dans son amour pour une femme musulmane. Comme ceux qui ont tué son fils. Comme cette femme qui fait le ménage chez lui. Elles représentent l’ennemi tout en étant innocentes de tout crime contre Mathias. « La vengeance est un plat qui se mange froid« , comme le dit le proverbe. Arnold l’applique implacablement. Ce roman questionne notre conscience. Comment réagirons-nous dans la même situation? Sommes-nous ce que nous pensons être? Sommes-nous vraiment ouverts aux autres? Le récit se fait dur ou tendre selon l’instant. Il rappelle à l’homme sa fragilité. Son manque d’humilité, parfois.

Un homme est détruit par une émotion qu’il ne peut nommer. Par une souffrance impitoyable. La perte de son fils, tué par des islamistes, a remis toute sa vie en question. Il découvre sa forte fragilité. Ainsi, nous cheminons avec lui, dans ce qui s’avère être une décision mûrement réfléchie. A-t-il vraiment pensé à tout? A-t-il pensé aux victimes collatérales? La plume de l’auteur est d’une grande simplicité. D’une grande force. Elle nous emporte dans cette aventure folle. Une aventure dont le nerf de la guerre est une douleur profonde éprouvée par un homme qui se pense différent des autres, par sa façon de penser. Savons-nous vraiment ce que nous sommes capables de faire, dans certaines circonstances? Arnold se perdra dans les méandres de son amour pour son fils. De son amour pour une femme. Il ira jusqu’au bout. De quoi  ?

9791038807051   Ed. Ex Aequo Coll. Blanche   290 p.   24€

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