Quatrième de couverture
Nous sommes en 2038. Le nombre des naissances de garçons est en chute libre depuis une vingtaine d’années, sans raison apparente. L’homme rejoint les espèces en voie de disparition. Les politiques tentent d’apporter des solutions sur le court terme, et les chercheurs des explications plausibles auxquelles se raccrocher. Face à l’urgence de la situation et au visage changeant de la société, les hommes et les femmes n’ont pas d’autre choix que de se repositionner, en quête d’une identité redéfinie à la lueur d’une réalité nouvelle. Et si les hommes disparaissaient ? Sans Y, il reste X et une vision moins polarisée de la société. Pièce d’anticipation s’inspirant des dernières études scientifiques, Y, la disparition est une dystopie laissant entrevoir un futur qui redessine la frontière des genres.
Mon avis

2038, les garçons (chromosome y) sont en voie de disparition. Pas la peine d’attendre cette terrible année pour le constater. En Chine, les femmes sont beaucoup plus nombreuses que les hommes. Ce qui a poussé l’état à accepter une seconde naissance par femme. Dans cette pièce de théâtre, l’auteure, par la voix de Édith, son personnage, nous sensibilise à cet état de fait. Il paraît que la natalité baisse en Europe. De là à parler de disparition du chromosome y, il n’y a qu’un pas. L’auteur le passe allègrement. Pour notre plus grand bonheur. Que serait le monde sans hommes? Un monde que seules les femmes feraient évoluer? Cela ne mènera-t-il pas à l’extinction humaine?
Et c’est ce que semble vouloir éviter tous les acteurs de cette pièce de théâtre. L’auteure nous met face aux idées que les gens se font sur les garçons et sur les filles. Sur les avantages et les inconvénients à en avoir. Comme d’habitude, le monde politique s’empare du sujet dès que les journaux en parlent. Un reflet de notre société actuelle. Des vérités dites avec beaucoup d’humour, de tendresse, d’assurance, de la part des acteurs tels que la femme, l’homme politique… Là, se pose la question du genre, actuellement débattue en Europe. Un monde sans homme serait-il meilleur qu’il ne l’est actuellement? Que deviendra l’humanité? Que deviendront ces bébés masculins arrachés à leurs parents et élevés dans un monde aseptisé?
Une pièce de théâtre qui parle d’un problème d’actualité: la baisse du nombre d’hommes dans le monde occidental. L’auteure dresse un tableau peu reluisant des décisions humaines : vols de bébés en Afrique, communautés de femmes dont sont exclus les hommes. Sans compter les tableaux les plus cocasses : l’homme copie sa garde-robe sur celle des femmes. De plus, il porte des enfants. Cela prête à sourire. Mais, pourquoi pas? Bien qu’il y ait de nombreux intervenants, les idées débattues restent cohérentes et se complètent avec beaucoup d’humour. L’auteure fait réfléchir le lecteur et je m’amuse à l’idée que cette pièce soit jouée dans des pays où les femmes n’ont que le droit de se taire. Quelle y serait la réaction des hommes? Une gageure. C’est une superbe pièce de théâtre qui est peut-être prémonitoire. Qui sait?
9791038807624 Ed. Ex Aequo Coll. Entr’Actes 68 p. 9€

