Quatrième de couverture
Mabou quitte le Sénégal en quête de ressources pour subvenir aux besoins de sa famille. Une embarcation de fortune, le menant avec ses camarades jusqu’à la forteresse Europe, chavire en Méditerranée. S’il échappe à la noyade, c’est pour devenir ouvrier corvéable à merci d’un entrepreneur cupide qui voit en lui une main-d’oeuvre à bon compte.
Chronique
Ah le pays de cocagne! Pays où l’argent se ramasse à la pelle. Pays où le travail se trouve facilement. Pays où les gens ne souffrent jamais et ne meurent peut-être jamais. Non, ce n’est pas moi qui le dis, mais Mabou qui le pense pleinement. Dire que son cousin lui conseille de rester au pays car au pays de cocagne la vie est difficile. Mais, bien sûr!
Un migrant dans la cave de Dieu. Un titre qui laisse pensif. Un titre qui nous laisse imaginer le pire. Mais, nous ne savons pas à quel point nous sommes en dessous de la réalité. A quel point nous sommes en dessous de l’horreur. Des voyages hasardeux. Des rencontres plus ou moins bénéfiques. Des rêves qui s’effritent au fur et à mesure des kilomètres qui séparent Mabou de son village natal. Ce dernier se rend compte, mais trop tard, que la vie de migrant n’est pas de tout repos. Au contraire.
Un migrant dans la cave de Dieu nous fait découvrir, dans une lecture frénétique, l’exploitation des migrants. Nous découvrons cette volonté qui leur permet de résister à toute bassesse humaine. C’est un roman d’une grande force et plein d’humanité. Nous entrons dans la peau d’un de ces migrants et sentons sa peur. Sa terreur. Ses déceptions. Ses coups de blues. Surtout, nous ressentons ses inquiétudes pour ceux restés au pays. C’est un roman dur qui nous emmène à la rencontre d’un homme parti pour un rêve et qui finit par tenir debout par instinct de conservation . Telle est l’histoire de Mabou, un migrant dans la cave de Dieu.
Note 18/20
9782754742368 Editions du Panthéon 376 p. 19,50€

