Quatrième de couverture
JULIEN – J’écris leur douleur, son corps sans habit… J’écris ce qu’ils disent… Mais j’ai peur de cette écriture-là. J’ai peur qu’elle ne soit que leur propre prison… C’est comme ces images qu’ils regardent sans cesse. La douleur, ça prend tout le regard!… Quand on m’a demandé de venir, j’avais peur d’y aller… Je suis venu…
Ils n’ont pas péri dans l’attentat, mais ils ne sont que des ombres. Meurtris dans leur chair, anéantis, ils racontent l’horreur en boucle sans pouvoir l’exorciser. Patiemment, Julien les écoute, arrêtant leur récit intarissable sur les quelques mots vivants qu’il leur reste. Alors, ils se raccrochent à leur propre histoire, retrouvent leur existence, leur être, leurs espérances, un élan de résilience…
Chronique
« L’horreur ne s’écrit pas et ne se parle jamais tout à fait, c’est une illusion de le croire » dit l’auteur dans sa préface. Cependant, quand on a vécu l’horreur, l’écriture et la parole deviennent une nécessité pour soigner cette meurtrissure qui peine à se refermer. Comment raconter? Comment témoigner? Quels mots utiliser? Peut-on raconter?
Promenade est une pièce de théâtre qui raconte un certain quatorze juillet, un feu d’artifice comme tant d’autres avant. Un jour qui ne sera plus jamais comme les autres. Une nuit de fête cauchemardesque. Pourquoi certains sont-ils partis? Pourquoi d’autres ont-ils survécu? Des questions que se posent les témoins obnubilés par la présence des absents. Des témoins obnubilés par leur bruyant silence. Nous découvrons des personnes hébétées qui découvrent une scène de guerre. Des personnes qui découvrent un carnage sans nom. Ce sont des personnes terrorisées qui tentent de retrouver leur esprit pour comprendre l’incompréhensible. Comment une fête familiale a t-elle pu virer au cauchemar?
Promenade, à travers ses personnages, nous fait revivre ces moments que le cerveau a du mal à accepter. Ces moments que le cerveau a du mal à analyser. Chacun se souvient de cet instant où la vie a basculé. De cet instant où la mort s’est invitée. Instants que le cerveau enregistre et efface infiniment tel un ordinateur qui bug et peine à s’éteindre. Chacun regrette un geste, un regard, un état d’âme. Des regrets vecteurs d’une souffrance sans nom. Des regrets vecteurs d’un deuil quasi impossible. Promenade, une pièce de théâtre qui appelle à la tolérance, à la résilience, malgré cette nuit d’horreur sur la Promenade.
Note 18/20
9782343174952 Editions L’Harmattan Collection En Scène 60 p. 10€


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