Les médisantes – Amandine BAZIN-JAMA – 2021 – Bookelis

Quatrième de couverture

Sophie et Valérie, deux quadragénères à l’humour grinçant, se retrouvent tous les lundis à la terrasse de leur café préféré. Elles s’amusent à observer les passants et les affubler de commentaires sarcastiques. Entre la grande qui ne s’entretient pas, la maigre mangeuse de graines, la famille parfaite et bien d’autres… Tout le monde en prend pour son grade. Jusqu’à ce qu’elles découvrent, dans une alternance de rire et d’effroi, à quel point elles se trompent.

Chronique

Comme certaines personnes, il m’arrive, dans les transports en commun, de regarder les passagers et d’imaginer leur vie. Sans pour autant la leur envier. Sophie, Valérie et, parfois, leur amie Eugénie font la même chose. C’est amusant et cela fait passer le temps. Elles posent un regard sur ce qui les entoure et imaginent ce que doit être la vie de ces humains. Elles s’arrêtent à la façade. Leur imagination correspond-elle à la réalité? Comment agiraient-elles si elles connaissaient la vraie vie de ces personnes? Si elles savaient…

Ces femmes qu’elles observent sont des femmes comme tout le monde. Elles ont des rêves aboutis ou pas. Elles vivent des vies  dans des moments durs, à l’instant T. Fortement compliquées ou pas. Elles ne laissent rien paraître. Les deux faces de la même médaille se révèlent. Elles racontent la réalité. Une réalité très loin des pronostics des deux femmes. Peu à peu, cette réalité s’introduit dans leur vie car la ville est petite  et, finalement, tout le monde se connait. Quelle sera la réaction de ces femmes face à la vérité? Peu à peu, elles s’immergent par pur hasard dans la vraie vie de ces femmes dont elles médisaient.

C’est un roman qui, au début, présente une dualité: celle de femmes qui aiment imaginer la vie des gens qu’elles regardent. Puis, la vraie vie de ces personnes. Une réalité plus ou moins sombre. La lecture, face au style d’écriture, devient addictive. J’ai lu ce roman d’une seule traite tant j’étais plongée dans l’univers de ces personnages qui ne se connaissent pas. C’est un roman qui renforce l’idée que les apparences sont souvent trompeuses. Qui aborde avec profondeur les violences conjugales, la destruction de l’autre, la terrible souffrance de la personne qui subit cette violence. Cependant, la réalité des violences conjugales sont telles que l’imagination n’arrive pas à lui donner une réalité qui concorde avec les faits. Nous nous rendons, aussi, compte de la difficulté des victimes à parler. C’est un roman fort à mettre entre toutes les mains.

Note 18/20

9791035957858    Ed. Bookelis    358 p.    12,99€

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