Quatrième de couverture
Mort (prononcer « Morte », comme Mort Shuman), est un ancien « enfant-placard ». Il a réussi à sortir de cette enfance tragique en mettant au point une stratégie imparable pour se venger des multiples humiliations dont il a été victime. Le problème, c’est que devenu adulte… il continue. Il transforme la ville de Rouen en terrain de guerre et ce sont sept meurtres inexpliqués que le commissaire Kerny doit résoudre. Mais Kerny, à quelques jours de la retraite n’a pas envie de se compliquer la vie et traite les dossiers par-dessous la jambe. Le massacre peut continuer
Chronique
« On ne choisit pas sa famille » dit la chanson. Certains enfants auraient bien voulu. Cela leur aurait créé moins de problèmes, ainsi qu’aux autres. Ils s’élèvent tous seuls. Avec une terrible innocence. Mort aurait bien voulu choisir où ne pas naître. Mais, il ne peut pas. Pas assez mature. Trop compliqué. Sa vie ne ressemblle en rien à celle des autres. Son enfance surtout. Il en est conscient. Est-ce tout? Comment grandira t-il? Comment supporter les moqueries? Son cerveau a les bonnes réponses.
C’est l’histoire d’une vie hors norme. L’histoire d’un enfants qui, pendant longtemps ignorera son humanité. C’est l’histoire d’un être humain fracassé par la vie, le malheur, l’indifférence. Il est dur de grandir au milieu de personnes qui ne comprennent rien à sa souffrance. Des personnes qui ignorent sa rage, sa haine bien enfouies au creux de lui. Une rage et une haine qui seront le vecteur de ses actions. Il va leur montrer. Quoi? Pourquoi? Dans l’obscurité de la ville, il planifie ses actions froidement. En toute sérénité. C’est de leur faute. Ils n’avaient qu’à le laisser tranquille.
Dès les premiers mots, le lecteur s’accroche aux mots qui expliquent l’inexplicable. Avec une écriture claire, forte, l’auteur nous invite à vivre l’arrivée d’un être exceptionnel. Un être qui marquera l’humanité par ses actions. Malgré lui, il ira à la rencontre des autres. De leurs mots. De leurs actes. L’auteur instaure un suspens qui agrippe le lecteur et le lâche, à la fin du roman, exangue, essoufflé, le souffle court et le cerveau en ébullition. Un cri silencieux s’élève: « Pas possible« . Pourtant, contre toute attente, le lecteur vient d’assister à la naissance d’une espèce rare: un serial killer spécial, en pièces détachées, morcelé, face à un commissaire de police sur le départ.
Note 18/20
9782919066971 Ed. du Caïman 320 p. 16€

