L’adieu de Damas – Arnaud ELBAZ – 2022 – Ed. L’Harmattan

Quatrième de couverture

Samad, ex-officier de l’armée française, franchit la dernière porte qui lui ouvre la voie de son destin. Une dernière fois, Damas est la clé. Damas et Samad sont une seule et même image inversée. Remplacez le « D » par le « S », remplacez le « s » par le « d »,vous les trouverez semblables. Pour cette raison, tout vient de Damas pour Samad. Agent du 2e bureau, il prend conscience de ses devoirs à l’égard du peuple algérien (Le Libraire de Damas). Le gouvernement français l’exile à Damas en 1924, d’où il rejoint le combat contre le nazisme en 1941 (Les Choix de Damas).À Londres, le MI6, le SOE, le BCRA se le disputent. Il se forme à la clandestinité, accompagne Brossolette et Cavaillès en France, connait la torture et la déshumanisation des camps pour découvrir Sétif une fois sauvé. Damas, la clé qui lui montre la voie à emprunter pour aider son peuple.

Chronique

Dès l’apparition de l’homme sur terre, le sang humain a coulé. Les raisons sont diverses : l’un convoite le territoire de l’autre, ou sa liberté, ou il se défend face à un ennemi, entre autres. C’est encore le cas de nos jours. Dans ces circonstances, l’Humain démontre toute son inhumanité, son esprit retors, son goût du sang et de la douleur. Surtout face à des prisonniers. Samad, agent actif durant la Seconde Guerre, ne le sait que trop. Originaire de Damas, il doit répondre de ses supposés actes devant la justice française. Comment s’en sortira t-il? Que sait la justice de lui, de sa vie, de ses guerres?

Nous découvrons la vie, le passé de Samad, un homme qui a été de toutes les luttes, tout en restant dans la clandestinité, le plus grand anonymat. L’auteur nous invite à un voyage, à une immersion dans le monde des services secrets, de la lutte secrète, à partir de la Deuxième Guerre Mondiale et de celle d’Algérie principalement. Samad se trouve face à lui-même, face aux contradictions humaines de ses juges. Il doit répondre de ses actions. Dans quel camp est-il? Contre ou avec qui luttait-il?

A travers cette histoire, l’auteur nous fait réfléchir aux limites du regard humain. Un regard qui s’arrête souvent à la surface des choses et aux interprétations. L’écriture est fluide et les mots frappent l’esprit en y laissant leurs empreintes. Samad est le symbole de sa ville, Damas et de l’histoire de cette dernière (Samad=Damas). C’est une lecture qui soulève des interrogations : l’homme est-il sans reconnaissance? Si les hommes avaient été rasés comme les femmes, à la fin de la Guerre, Samad aurait-il subi cette humiliation? Qui prendra sa défense? Combien de Samad ont été tondus, conspués, jugés, à la fin de la guerre? C’est une lecture qui pousse à la réflexion. Elle ne laisse pas le lecteur indifférent. Que deviendra Samad? Aura-t-il le  même destin que sa ville, Damas?

Note 17/20

9782343257082   Ed. L’Harmattan   146 p.   15,50€

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