Quatrième de couverture
« César avait maintenant la certitude que la thérapie en taxi était la forme aboutie de la psychanalyse dont rêvait Freud lorsqu’il donnait ce conseil au patient, Comportez-vous à la manière d’un voyageur qui, assis près de la fenêtre de son compartiment, décrirait le paysage qui se déroule à ses yeux. Si ce n’est pas de mon taxi dont parlait le Freud, je donne ma main à couper, estima César. » Dans sa Mercedes rouge, César, le Taxi parisien, prend en charge ses patients allongés à l’arrière. Tel un psy, il est le révélateur des histoires que recueille son divan automobile. Il n’est cependant pas seul à mener les séances. Lacan, Dolto, Socrate, Baudelaire ou Cyrulnik parlent aussi par sa bouche. Son habileté à mener ses clients à bon port n’a d’égale que la fluidité de sa conduite automobile. Dans ce taxi thérapeutique gravitent des couples qui se forment et d’autres qui se séparent. C’est la loi de la conjugalité. C’est aussi le roman de deux orphelins, César et Aymé, que la Taxi-thérapie cicatrise. Charme, humour, érudition, sagesse, Taxi-Thérapie joue sur les mots et les sentiments avec une originalité qui nourrit notre réflexion sur les si difficiles relations humaines.
Chronique
Il est arrivé, une fois dans notre vie, que nous prenions un taxi. En plus d’être physiologiste, le chauffeur a l’art de s’adapter à son client. L’auteur affirme que l’on ne prend pas deux fois le même taxi. Je lui répondrai qu’il se trompe. Que cela dépend du nombre de fois où nous prenons un taxi et du lieu d’habitation. Mais, dans une ville comme Paris, c’est peut-être vrai. César, chauffeur de taxi parisien, revoit ses clients en boucle. Il les connait si bien. Cependant se connaît il? Pourquoi tant de points obscurs dans sa vie ?
Allongés à l’arrière du taxi de César, les clients sont à la recherche de leur moi profond. Ils font face à ce qu’ils auraient préféré taire. A leurs dilemmes cornéliens. A des doutes profonds. Et César, quels sont ses desseins? Ses différents clients se confient à lui. Ils se mettent à nu et analysent leur vie, leur destinée. Les mots sont forts et simples, bien que l’on y reconnaisse une touche de Lacan ou de Cyrulnik. Comme tous les autres psychologues, ils sont le fil rouge de ces confessions. Des histoires de vie blessées, cachées au fond de l’âme. De ces récits qui font et défont des couples, des hommes et des femmes dont la vie est un immense questionnement. Et César dans tout cela?
Ce roman, ce récit, est tout en amour, en tendresse et en force. La fragilité des mots est celle des clients de César. Un chauffeur pas comme les autres. Boris Cyrulnik serait fier de lui. César est un homme qui fait exploser les questionnements tout en douceur et permet à la chrysalide de devenir papillon. Un papillon qui déploie lentement ses ailes et s’envole vers la liberté. En regardant autour de nous, il se pourrait que nous trouvions un César. Cette personne à l’écoute de l’autre. Cette personne qui entend l’autre. Sans jugement, et surtout, avec beaucoup d’attention. Cependant, une question se pose: qui est le césar de césar?
Note 18/20
9791090175969 Serge Safran Editeur 224 p. 17,90€

