Quatrième de couverture
1585. Giuseppe Arcimboldo, peintre à la cour de l’empereur Rodolph II, grand ordonnateur des festivités du Château, a cinq nuits pour représenter le plus beau des oiseaux Il sera l’apanage du Carnaval. Cinq nuits, c’est trop court. Mais l’exigence impériale ne se discute pas. Pour que l’œuvre soit encore plus belle, le peintre doit sublimer le plus vil et mal aimé des oiseaux. Le Corbeau d’Arcimboldo affleurera-t-il le regard de l’artiste ? Or Arcimboldo a le cœur qui souffre d’un amour impossible pour Klara…
Chronique
Il y a des ordres, peu importe l’époque, qui vous font douter de vous et de vos capacités. Cependant, le désir d’un roi est un ordre car y « circonvenir » pourrait coûter cher, très cher. Celui qui désobéit pourrait perdre ses privilèges, voire sa vie. Arcimboldo, un peintre, a reçu un ordre de l’empereur: choisir l’oiseau le plus laid de la terre et l’embellir le plus possible. Tout cela en cinq nuits car cet oiseau sera le symbole du carnaval. Le peintre se désespère. Comment faire tout cela en si peu de temps ? Y arrivera-t-il ? Comment faire ? Et si c’était un piège ? Arcimboldo rechigne et peste. L’artiste prendra-t-il le pas sur l’homme ?
Dans une prose très poétique, nous suivons le récit de cet artiste et de la commande extravagante qu’il a reçue. Les descriptions des scènes ressemblent à des tableaux qui sont décryptés. Même les états d’âme du peintre ressemblent à des saynètes, de longs monologues. Le récit est fait par l’oiseau qui a été choisi. Ce dernier raconte son incompréhension, sa perplexité et ne perd pas une miette de ce qui se déroule sous ses yeux. Cet oiseau est le symbole d’une folie de l’empereur. Arcimboldo relèvera-t-il le défi ? Les mots décrivent le bégaiement des esquisses, des gestes, du soliloque de l’homme. Folie ou excitation ?
Le tableau commandé par l’empereur fait perdre le sommeil à l’artiste peintre Arcimboldo. Un tableau à livrer en cinq nuits et six jours. Folie. Démence. Utopie. Mais, les désirs d’un empereur sont des ordres. Comment faire ? Comment respecter les différentes étapes ? Les gestes de l’artiste sont théâtraux comme ses colères contre son aide, Tomas. Et cet oiseau… Il l’épie de son coin. Il écoute les élucubrations du maître. Il admire le ballet des gestes et des pinceaux. Création ? Délire ? Folie ? Pourquoi pas ? Et l’oiseau doute. Il s’effraie tout en ressentant une curiosité sans nom. Il assiste, impuissant, à la lutte du maître avec son inspiration. Une lutte féroce qui le mènera peut-être à la folie. Peut-être à la mort. Est-ce son dernier tableau ?
Note 17/20
9791030903171 Ed. Orizons 130 p. 15€

