Quatrième de couverture
Mêlant récit romanesque et enquête historique, chaque auteur raconte l’histoire d’un tableau célèbre. Pourquoi, pour qui, ou contre qui, ce verrou a-t-il été poussé avec une telle impétuosité dans le célèbre tableau de Fragonard ? Ce n’est pas le seul mystère de cette toile. Commandée par un collectionneur, elle était en fait destinée à être le pendant d’une œuvre antérieure de l’artiste représentant une scène d’inspiration sacrée… Association scandaleuse, démarche irrévérencieuse, et, par la suite deux gravures qui viendront en écho et en clin d’œil : l’histoire du Verrou est riche de surprises et de secrets. Jusqu’à ces indices symboliques subtilement dispersés par le peintre pour guider la compréhension de ce saisissant pas-de-deux amoureux. Traitée en clair-obscur, la passion y est trouble de l’être, hésitation entre le jeu et la joute, mouvement d’envol et d’étreinte, incertitude sur ce qui advient. Et si, quatre ans avant la publication des Liaisons dangereuses, ce chef d’œuvre de Fragonard venait déjà montrer toutes les ambiguïtés de l’ère du libertinage ?
Mon Avis

La peinture est un art vivant. Elle questionne. Intrigue. Réveille les sensations, les sentiments. Ou pas. Dans une galerie parisienne où je faisais un remplacement, un superbe tableau, en clair-obscur, m’avait beaucoup intriguée. La scène se passait dans une pièce fermée. Les couleurs étaient dans différents tons de noir et de marron. Ce qui m’intriguait, c’était la lumière au centre du tableau. Elle émanait de nulle part. Pourtant elle était là, illuminant la scène d’une douce lumière qui semblait venir du tableau lui-même. C’est exactement ce que l’on ressent face au tableau de Fragonard. Une scène intime illuminée par des coups de pinceau « magiques ».
Un mécène, fin connaisseur, commande un tableau à Fragonard. Une commande audacieuse. Faite d’énigmes. Nous assistons au quotidien des artistes du 18ème siècle, vivant en résidence royale. Nous assistons à la réflexion et à la conception de liaisons dangereuses. De cette pièce énigmatique du tableau: le verrou. Pourquoi? Que représente-t-il? Est-ce un caprice de l’artiste? Un tableau fait de fougue, où l’étreinte peut être amoureuse. Une élaboration minutieuse. Je m’attendais à un vocabulaire très technique. Ce n’est pas le cas. Le vocabulaire est à la portée de tous les lecteurs. Ce qui rend la lecture très agréable. Par délicates touches, Fragonard « fabrique » son tableau et nous le suivons avec beaucoup d’intérêt.
Suite à la commande d’un mécène, fin connaisseur d’art, Fragonard réfléchit minutieusement aux détails de son prochain tableau. Pour cela, il s’aide du regard posé sur la cour royale, sur ses collègues, sur la société. L’auteur en profite pour nous immerger dans la vie sociale au 18e siècle. Les détails sont aussi précis que ceux des liaisons dangereuses de Fragonard. Nous nous rendons compte qu’elle a effectué de nombreuses recherches sur la société et l’art de cette époque. Ce détail que le peintre mettra sur son tableau et qui rendra ce dernier bouleversant, intriguant, est mûrement réfléchi. À travers le récit, il y a un fil rouge : Cet humour fin qui transpire dans le regard du peintre qui rend la lecture attrayante. Après avoir lu ce livre, j’ai eu envie de fréquenter, à nouveau, les galeries d’art. De retrouver le plaisir de décoder chaque détail. Chaque coup de pinceau.
Note 19/20
9791031205588 Ateliers Henri Dougier 122 p. 12,90€

