Quatrième de couverture
Récit mêlant romanesque et vérités historiques. Un tableau raconté par une auteure. Le rouge est là, vibrant comme une mer où flottent les instruments. On s’y noie, on s’y perd. Le Concert, œuvre ultime de Nicolas de Staël, inachevée, ne cède rien de son mystère. L’œuvre détonne, étonne, par sa taille, par son style, par ce rouge incandescent qui fascine. Pourquoi ce rouge? Pourquoi ce retour au figuratif ? Pourquoi, comment, un homme dans la force de l’âge, au sommet de sa gloire choisit-il de mettre fin à ses jours? D’un bout à l’autre de sa vie, du petit prince de Saint Pétersbourg fuyant la violence de la révolution russe aux rives lumineuses de la Méditerranée ; de l’enfant orphelin au peintre fou d’amour, De Staël questionne. Assoiffé d’absolu, tendu toujours vers la perfection de son art, il a vécu passionnément, désespérément, allant venant d’un lieu à l’autre, d’une femme à l’autre, pour finir sa vie sur ce rouge chavirant. Comme un point d’orgue.
Mon Avis

L’art est universel. Il paraît. L’art, c’est la vie. Comme tout ce qui vient au monde, il reste en gestation, parfois, pendant très longtemps. L’accouchement est difficile car c’est une lutte de tous les instants. Ensuite, il faut le pousser à grandir, à avoir un caractère unique et à s’universaliser. Alors, imaginez un peintre devant sa toile. Il a une idée mais ne sait pas comment la représenter sur sa toile vierge. Comment faire? Quelle couleur? Va-t-il être lu et compris? Vais-je l’aimer? Pour Nicolas de Staël, représenter une partition musicale devient un véritable casse-tête. Il veut la perfection. Il veut peindre son amour pour cette musique qui l obsède depuis le dernier concert auquel il a assisté. Cela le démolit. Le rend ivre de douleur. De doute.
Une vie de bohème. Telle a été sa vie. Une recherche obsessionnelle de la lumière. Celle qu’il retranscrit dans ses tableaux. Celle qui le perdra. Ce livre est écrit comme une partition musicale dirigée par un chef d’orchestre furieux. Violent. Les mots frappent sèchement la page. Ils permettent aux lecteurs de se transcender. Cette lumière que recherche le peintre a baigné toute sa vie, depuis son enfance en Russie. Elle fait partie de lui. Comment l’extérioriser? L’auteure, par ses mots riches, nous entraîne dans cette recherche. Dans cette obsession. Dans cette folie. La musique transpire à travers les mots. La lecture est rythmée par des mots forts. Nets. Précis. Tout en sons. C’est une ode à un art.
Toute sa vie, depuis son enfance, Nicolas de Staël est obsédé par la lumière. Cette lumière qui transpire de ses tableaux. Mais il doute. Il veut retranscrire cette obsession sur son dernier tableau, d’un rouge splendide. Mais, la perfection n’existe pas. Malgré ses voyages, aux rencontres multiples, à la découverte de la lumière parfaite. Malgré la vente de ses nombreux tableaux, le peintre s’en veut. Violemment. Il hurle silencieusement, à la face du monde, la perte de ses amours. De son plaisir de peindre. Ce tableau rouge l’obsède. Le rend fou. L’achève. Comme ses amours. Comme sa vie. Comme cette lumière qu’il n’arrivera, peut-être, jamais à retranscrire. Le pourra t-il un jour? Est-ce la fin? La fin de tout ce qui a fait sa vie?
9791031205830 Ateliers Henry Dougier 135 p. 12,90€

