Quatrième de couverture
En cette fin d’après-midi, sur les trottoirs de Bensonhurst, règne une douce odeur de marinara. Les épiceries italiennes ne désemplissent jamais, et les boîtes de tomates s’empilent à l’infini dans les vitrines comme une œuvre d’Andy Warhol. C’est ce qui se vend le mieux à Bensonhurst ! Sans compter l’huile d’olive et les gousses d’ail ! Bensonhurst n’est plus seulement le quartier des Napolitains et des Siciliens, mais rassemble des immigrés de toute la botte italienne depuis la fin de la guerre. Des drapeaux tricolores flottent aux façades des immeubles et définissent les limites de la « Petite Italie de Brooklyn ». Le quartier est haut en couleur : des promotions géantes, des affiches des derniers blockbusters, des disquaires bondés, des étals en tous sens, des terrasses surpeuplées où l’on joue à la scopa, des vitrines de jouets et des distributeurs de chewing-gums qui attirent les enfants à la sortie de l’école. Mais aussi les voitures qui vrombissent, les taxis jaunes qui klaxonnent, les motos qui pétaradent, et le métro qui file au-dessus des routes encombrées. C’est l’heure de pointe, et les habitants de Bensonhurst arpentent les rues pour leurs emplettes. Un bouquet de coriandre de-ci ! Quelques aubergines séchées de-là ! L’heure du dîner approche, mais on discute encore sur le perron des immeubles en briques rouges. On s’arrête aussi dans les delicatessen juifs pour un krantz, une brioche couverte d’une pâte de chocolat, un challah en tresse d’escargot, ou des beignets fourrés. Car au milieu de l’Italie new-yorkaise, une petite diaspora juive a subsisté.
Mon Avis

L’Italie durant la seconde guerre mondiale. Aux mains du Duce Mussolini et des fascistes. New York, après la guerre, dans les quartiers italiens. Une page qui se ferme. Une autre qui s’ouvre sur le destin. La nouvelle vie. Au milieu, un adolescent, Lorenzo, qui cherche à percer le secret de sa naissance. Qui est son père? Pourquoi n’est-il pas avec eux? Pourquoi est-il resté dans un pays fasciste? Son oncle Frank tente de lui parler des « grandes familles » italiennes de New York. Nono son grand-père, lui raconte le passé glorieux de sa famille. Que s’est-il passé? Qu’est-il arrivé pour qu’ils abandonnent leurs vignes? Pourquoi sa mère ne s’est-elle jamais mariée? Heureusement qu’il peut parler à Rachel, sa jeune voisine juive.
Dans le quartier, deux mondes se côtoient et vivent en harmonie. Nous découvrons la vie d’un village calabrais durant la guerre. Un village qui ne connaît, de cette dernière, que les restrictions et les délires du Duce et des chemises noires. Chaque personnage est enfermé dans ses propres illusions. Ses propres recherches. Ses propres désirs. Par le biais de flashbacks, l’auteur nous fait découvrir les vérités, les secrets, de cette famille italienne. Chacun se trouve face à lui. Face à ses regrets. Face à ses propres trahisons. Nono, le grand-père, est le fil rouge de cette histoire. Son récit est-il une confession? Il a tout vécu, tout gagné et tout perdu. Quel est son rôle dans la disparition du père de son petit-fils? Cette famille, brisée par la guerre, a du mal à oublier ses racines. Lorenzo sera-t-il celui qui les liera enfin à l’Amérique?
Ce roman est très touchant. La vie dans cette Italie du Duce est bien dépeinte. L’auteur semble avoir fait des recherches sur cette partie de l’histoire italienne. Le récit se fait simplement, avec des rayons de soleil dans les mots, à l’image des personnages. Lentement, mais avec fermeté, nous nous imprégnons de la vie en Italie et aux États-Unis. Par ailleurs, nous découvrons la résilience de ceux qui sont partis à la recherche d’un meilleur destin, la résistance italienne et son mode de fonctionnement. Une vie souterraine qui mène la vie dure à l’envahisseur. Que deviendront ces migrants sur leur terre d’accueil? Arriveront-ils à s’adapter? Nous découvrons aussi la création de « The Little Italy » À New York. Très intéressant.
9798374339598 Autoédition 276 p. 15,50€

