Alone in Tokyo – Thierry CLECH – 2023 – Serge Safran Ed.

Quatrième de couverture

Un critique de cinéma s’envole pour le Japon en vue d’un reportage sur le tournage d’Alone in Tokyo, film d’un grand réalisateur japonais dont le rôle principal est tenu par la star du cinéma français, Aurore Granger. La veille de son départ, il rend visite à sa mère à Gentilly, qui est atteinte de la maladie d’Alzheimer. C’est dans ce trouble de la mémoire et de l’identité, accentué par la perte de ses repères parmi les buildings des quartiers de Shibuya et Shinjuku, qu’il interviewe Yamato, le cinéaste, puis son actrice, avant que la terre ne se mette à trembler. Une éruption du mont Fuji plonge Tokyo dans le chaos et éparpille l’équipe du film. Le journaliste sillonne alors la mégalopole, devenue fantomatique, pour tenter de retrouver la trace d’Aurore Granger…

Mon Avis

« Les voyages forment la jeunesse » dit le dicton. Du moins, nous permettent-ils d’être face à nous-mêmes, à nos questionnements. Tokyo est une grande ville cosmopolite. Un critique de cinéma s’y rend pour l’interview de l’actrice du film Alone in Tokyo, Aurore Granger. Les aléas de la vie et les hasards du voyage font que tout ne se passe pas comme il l’aurait souhaité. De plus, il n’a aucun sens de l’orientation dans cette mégalopole où il est facile de se perdre, moralement et physiquement. Tokyo subit un tremblement de terre et une éruption volcanique. Ce qui fait qu’elle se révèle à lui d’une manière assez particulière. Elle le surprend dans ses divagations et ses questionnements rhétoriques. Le monde s’effondre autour de lui, brouillant encore plus ses repères.

Le narrateur se retrouve à Tokyo, où il ne finit pas de se perdre, du fait d’un sens de l’orientation fortement absent. Son inquiétude se tourne vers sa mère qui perd la mémoire. Vers son incapacité à se situer ou à donner un sens à ses choix. Tout comme Tokyo qui se délite autour de lui, son cerveau, sa mémoire lui jouent des tours. Et pourquoi pas ses souvenirs et ses yeux? Son cerveau s’est mis en stand-by dès les premiers événements. Il est perdu. Face aux dédales des rues. Face à la sénilité progressive de sa mère. Face à une vie en pointillés et en brouillard. Comment peut-on survivre dans une ville que l’on ne connaît pas, quand le sens de l’orientation est déficitaire? Que doit-il faire? Rester dans Tokyo détruite et faire son interview ou retourner au plus vite auprès de sa mère?

Ce roman est une quête de soi. Une tentative de se prendre en main. Un homme perdu dans l’espace et dans sa vie. Les deux espaces se joignent, s’entrelacent, sans pour autant aider notre critique de cinéma. Le récit est psychédélique au regard de cette ville qui subit les assauts de la nature. La violence, l’incertain de cette ville et de sa population se reflètent dans les mots. Ils ne lâchent pas le lecteur un seul instant. Au contraire. Ils l’interpellent et en font un témoin malgré lui. Le récit est fait d’une manière fluide. La lecture reste ainsi très aisée. Notre héros s’en sortira t-il? Comment se passera son séjour à Tokyo? Cette déambulation dans les rues japonaises n’est-elle pas, en fait, une recherche d’un but dans sa vie?

 

9791097594770   Serge Safran Ed.   176 p.   17,90€

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