Quatrième de couverture
1935. Hôpital américain. Suzanne Valadon, artiste vieillissante, est hospitalisée après une sévère crise d’angoisse. Elle doit prendre une décision importante : empêcher ou non le mariage de son fils, le célèbre Maurice Utrillo, avec la veuve Lucie Valore. Dans cet hôpital, alors que tout l’abandonne, la culpabilité maternelle la rattrape, implacable. Suzanne Valadon raconte Maurice Utrillo, à travers la relation tumultueuse qu’elle a eue avec lui. Devenue mère à 18 ans, alors qu’elle se forme auprès des plus grands peintres de l’époque et qu’elle est promise à une brillante carrière, elle doit revoir ses ambitions. C’est son fils, alcoolique invétéré depuis l’âge de 13 ans, qui connaîtra la célébrité à sa place. La voix que nous entendons est celle d’une femme résolument moderne, qui s’affranchit des conventions de l’époque pour s’adonner à sa passion artistique et aux plaisirs de la vie. En nous confiant les secrets intimes et dramatiques qui la lient à Maurice Utrillo, Suzanne Valadon nous fait voyager dans son univers artistique et celui de son fils, alors qu’un vent de liberté souffle sur les artistes de la butte Montmartre. Ce récit est inspiré de faits réels.
Mon Avis

Dans un hôpital, une femme se raconte. Elle est très connue dans le monde de la peinture. Elle se nomme Suzanne Valadon. Pendant longtemps, elle a été la Muse et l’élève des grands maîtres de la peinture. Elle a fait du chemin depuis ce temps-là. C’est une femme de caractère qui ne fait rien comme les autres. Elle s’affirme en étant à rebrousse-poil. D’ailleurs, elle a été mère célibataire à ses dix-huit ans, en donnant le jour à Utrillo, son fils, reconnu dans le monde entier pour ses peintures. Elle raconte sa vie. Celle de son fils. Elle raconte son amour maternel. Ses peurs face à ses faiblesses. Face aux actes de son fils qui broient son cœur. Face à l’abandon d’un homme qu’elle aime plus que tout. Elle ne cherche pas à cacher les mauvais moments. Au contraire.
Utrillo, grand peintre, a une mère atypique dont il broie le cœur méthodiquement. Avec patience et application. Suzanne n’a pas la langue de bois. Loin de là. Elle parle avec une grande lucidité. Avec une grande force. Avec beaucoup d’amour. Elle a posé et plus pour de grands peintres. Sa grande inquiétude est l’addiction de son fils à l’alcool. Sans compter le mariage de ce dernier avec sa meilleure amie. Elle le raconte entre peinture et internements. Son fils, qui s’accroche à sa bouteille comme à une bouée de sauvetage. Son fils, ivrogne reconnu notoire. À quel moment a-t-il pris le verre de trop? Pourquoi se noie t-il dans ce poison? Il est vrai qu’elle n’est pas une mère comme les autres. Elle croque la vie à pleine dents. Utrillo essaie t-il d’oublier que sa mère et son meilleur ami sont amants?
Ce récit est poignant. Suzanne raconte son fils comme toute mère aimante et inquiète. Elle le voit se dégrader au point de faire des aller-retour dans une maison de soins psychiatriques. A la fin de sa vie, c’est elle qui s’y trouve et qui sombre peu à peu dans la folie. Dans la perte de mémoire. Une folie entretenue par l’abandon de Uller, son amoureux et ex ami de son fils. Suzanne se souvient. Avec amour. Avec amertume. Avec clairvoyant. Avec désespoir. Avec crainte. Elle est seule, elle qui rendait toujours visite à son fils, à l’hospice. Le peu de raison qui lui reste la quitte. Elle a aimé jusqu’au bout de sa vie. Elle a marié ce fils rebelle avant de tirer sa révérence. Son fils, son amour. Son désastre. A-t-il été là?
9791031205892 Ateliers Henry Dougier 143 p. 13,90€

