Quatrième de couverture
Claquer la porte ou partir sur la pointe des pieds, franchir le sas, allumer les propulseurs. Couper le GPS. Mettre le cap sur l’inconnu. Éprouver le vertige et l’apesanteur, mais déjà, le décompte est lancé. Dix, neuf, huit, sept, six… Pour Gina, Ito, Nawel, Julien, il n’y aura pas de retour en arrière. Dernière escale avant la lune propose un caléidoscope de femmes et d’hommes qui face à l’adversité, vacillent et résistent, doutent mais s’insurgent. L’autrice plonge dans l’intimité de ses personnages pour révéler ce qui les tient debout : une sourde obstination à ne pas se laisser enfermer et à reprendre leur chemin. Ailleurs.
Mon Avis

Ils ont tous quelque chose en plus. Un je-ne-sais-quoi qui rend différent des autres. Un petit plus, dirait-on, mais qui fait une grande originalité. Ils sont tous battants. Ils prennent des positions et n’hésitent pas à s’engager. Jusqu’au bout. Jusqu’au point de non-retour. Toute leur vie, pour certains, ils ont fait partie du groupe. Puis un jour, stop. Ils ont envie de faire autre chose. Ne plus faire partie des moutons de Panurge. Reprendre leur identité propre. Faire un accroc aux habitudes. Réfléchir pour le bénéfice de leur vie propre. Ce sont des choix incompréhensibles pour les autres. Tel Ito qui ne veut pas quitter sa terre après des décennies de vie à Tokyo. Qu’en pensent les gens autour d’eux?
Pourtant, les événements peuvent paraître graves. L’auteur pose un regard délicat sur les choix de ces hommes et de ces femmes qui vivent dans un monde créé par leur maladie et par ce mal-être qui semble si insolubles. Les mots sont à la hauteur des histoires. Ils sont beaux. Forts. Empreints de tendresse parfois. De pudeur aussi. D’une grande sensibilité, sûrement. Ce recueil est tout en émotion. Les récits sont courts mais si réalistes. Le lecteur se surprend à comprendre les choix de ces personnes. Même si parfois cela semble surréaliste. Les personnages sont parfois en souffrance, en deuil ou fatigués de suivre le mouvement. Ils ont juste envie d’être eux-mêmes. Pour une fois. De faire reconnaître ou de taire une douleur trop immense pour eux.
Comment ne pas rester pensif après avoir lu ce recueil? Comment ne pas regarder les personnages avec le cœur plutôt que les yeux? Ils font des choix qui n’auraient peut-être jamais été le nôtre. Cependant, nous les comprenons. Surprenant, non? L’homme a l’habitude de tout faire pour se fondre dans le moule. De paraître lisse, sans aucune aspérité. Et bien, dans ce recueil, c’est tout à fait le contraire. Les humains réclament à cors et à cris leur différence. Ils sortent du troupeau et s’affirment. Ils choisissent de manière têtue. Ils s’accrochent et assument leur choix. Toute leur vie est dans cette différence. Pas facile, mais si profondément sincère. Pour une fois.
9782931080283 Ed. Quadrature 166 p. 16€

