Sentimental Journey – Seiko TANABE – 2024 – Ed. d’Est en Ouest

Quatrième de couverture

Ce voyage sentimental prend place dans une société chamboulée au sortir de la guerre, à une époque où les femmes revendiquent leur égalité et où le parti communiste gagne en popularité dans les esprits japonais. Parmi ces femmes, nous retrouvons Yuiko, qui aime expérimenter ses relations en femme libre. Tayoko, qui connaît sa valeur et ne se laisse plus leurrer par les hommes. Moeko, qui décide de vivre le vrai amour même si pour cela elle doit transgresser la morale, et enfin le duo formé par Kie et Tomoko, l’une faisant face à sa belle-mère et l’autre à ses parents, qui refusent de suivre « le droit chemin » des jeunes japonaises de l’époque. De sa plume franche et authentique, Seiko Tanabe présente des femmes qui s’arment face au traditionnel Japon patriarcal. L’auteure, à travers les époques et les conditions sociales, aborde avec humour des thèmes intemporels qui parlent encore aux femmes d’aujourd’hui.

Mon Avis

L’amour…. Le nerf de la vie. Un mot qui peut faire basculer la vie des êtres dans le pire des enfers, comme dans le plus pur Eden. L’être humain a toujours soif d’amour et s’en désaltère autant que possible. Cependant, tout le monde n’est pas gagnant dans cette discipline. Certains jouant les abeilles, vont de fleurs en fleurs, sans aucun attachement. D’autres se persuadent qu’ils éprouvent l’amour envers quelqu’un qui joue un rôle compliqué. D’aucuns deviennent fous et cherchent un moyen violent de se débarrasser de l’objet de leur peine. Ce sont ceux-là que le recueil nous présente. L’humain, ne sait pas toujours agir face à une déferlante d’amour. Les réponses les dépassent parfois et les laissent au bord de la route, atterrés par la tournure prise par les événements.

L’auteur présente différentes situations, et semble demander au lecteur ce qu’il aurait fait à la place du personnage. C’est aussi une manière de faire comprendre à l’humain qu’il faut battre le fer pendant qu’il est chaud, sous peine de perdre ses rêves, ainsi que la personne qui devait les partager. L’amour se vit à deux. Se partage. Le style est très poétique. Avec humour, l’auteur raconte: l’amoureux transi, l’amoureux bafoué, l’amoureux ignoré ou évincé. Pas toujours simple d’aimer. L’auteur nous raconte les couacs de l’amour. Ces instants que personne ne voudrait connaître. Par pudeur. Par honte. Par peur des moqueries. Ces nouvelles démontrent bien le rôle de la campagne ou de la ville, dans l’amour. 

Les campagnards sont grivois et curieux. Ils aiment répandre des rumeurs. Tandis que les citadins sont plus ouverts et jugent moins, selon l’auteur. Est-ce vrai? L’amour rejeté, piétiné ou lié à des rumeurs reçoit le même accueil partout, à mon humble avis. Nous voyageons dans différentes situations sentimentales où l’homme et la femme sont passés à côté d’une belle histoire d’amour à la japonaise. C’est-à-dire tout en pudeur. En douceur. En cachette. Et en sourires masqués de la main. Peut-être y a-t-il un peu trop de tout cela qui fait que les protagonistes loupent le coche. À force de réfléchir et de procrastiner, le grand amour, se lasse d’attendre. Ces questions se poseront à vous, au fil de la lecture.

 

9782487164017   Ed. d’Est en Ouest Coll. Nouvelles   320 p.   18€

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