Briser les silences – Témoignage d’une psychologue – 2023 – Ed. L’harmattan

Quatrième de couverture

Briser les silences. Celui des victimes tétanisées ; celui des proches accablés ; celui d’une société banalisant les violences sexuelles, car contaminée par le discours pervers de l’agresseur campé dans le déni. À six ans, l’auteure a rencontré le « Diable », celui qui a fait chavirer sa vie. C’était un ami de la famille. Personne n’a jamais rien su ou voulu savoir. Victime expiatoire d’une famille carencée affectivement, engluée dans la pensée magique exploitée par les sorciers qui lui prévoyaient un affreux destin. Elle a tenu bon grâce à son intelligence et aux études, malgré des hommes maltraitants et des thérapeutes non formés au psycho traumatisme. L’auteure met en exergue les mécanismes psychiques à l’œuvre lors d’un viol ; à savoir : la sidération, la dissociation, l’amnésie traumatique. Ce qui fait qu’une victime est incapable de crier, se débattre, fuir, parler, porter plainte. Marie Claude Barbin souhaite que l’on porte un autre regard, un regard bienveillant sur les victimes de violences sexuelles qui ne demandent que reconnaissance et réparation. «Le roseau plie, mais ne rompt pas». On appelle aussi cela la résilience.

Mon Avis

Pour des enfants, vivre dans une famille dysfonctionnelle, peut avoir des effets néfastes sur le long terme. Les adultes sont, parfois, dans l’incapacité d’entendre ou de voir les discrets appels au secours, les débuts de confession. Ces familles risquent même de participer à l’aggravation des symptômes et à la destruction de l’adulte que deviendra cet enfant. Née d’une famille dysfonctionnelle au possible, l’auteure raconte son parcours. Son calvaire d’enfant. Un père absent. Une mère sans une once d’amour et manipulatrice à souhait. Sans oublier des tantes qui brillent par leur incapacité à tenir la barre de leur vie. Ce n’est que le début du calvaire.

Avec un humour piquant, parfois pince-sans-rire, l’auteure nous narre, sa vie d’enfant, ses tentatives d’évitement, ses carences affectives. Tout cela, jouera un rôle prépondérant dans sa vie de la femme plus tard. Dans son quotidien. Elle cherche à s’en sortir. Par quel biais? Elle tente d’avoir une vie comme celle de tout le monde. Est-ce possible? Que lui réserve l’âge adulte? A t-elle la possibilité de s’écarter de cette famille qui n’en est pas une? Une famille où l’amour et la tendresse n’ont jamais osé franchir la porte de la case. Vivant à la Réunion, elle tente de faire bonne figure face aux regards extérieurs. Peut-on à son tour aimer ou s’aimer quand on n’a jamais été aimé?

L’auteure nous embarque dans un voyage, à la recherche de la personne qu’elle aurait pu être si sa famille n’avait pas été dysfonctionnelle. Y arrivera t-elle? Pourra t-elle passer outre les embûches qui sont sur sa route? Elle en parle avec émotion. Avec dérision. Avec un humour un peu acide. Ce qui ne l’empêche pas de comprendre les mécanismes qui ont désintégré son Moi. Un Moi caché derrière des sourires, des actes factices. Elle raconte l’aventure de sa vie dans laquelle de nombreuses personnes se reconnaîtront. Elle parle de sa résilience, pour que les victimes puissent «briser les silences »  et accepter leur statut de victime. C’est une superbe autobiographie qui interpelle, fait réfléchir à ses actes et pousse à mieux observer son environnement.

 

9782336404684    Ed. l’harmattan Coll. Psycho logiques   204 p.   22€

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