Quatrième de couverture
Elles. Trois femmes. Toutes ont quelque chose à cacher. À se cacher. Elles se croisent, s’observent, se découvrent, se sourient… Elles s’observent encore puis parlent… enfin. Parlent encore… C’est une première, d’habitude elles se taisent. Jean-Bernard Philippot propose, avec Elles, un texte qui aborde les violences faites aux femmes. Une employée, une musicienne, une réfugiée afghane, dans un huis clos. Trois voix. Trois destins. Trois accordéons. Un monde… Elles est le fruit de nombreuses rencontres de l’auteur, comme Isabelle Rome, anciennement ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances, mais aussi d’associations de victimes ou de responsables médicaux.
Mon Avis

Être femme dans le monde, est souvent synonyme de souffrance, de tortures. Trois femmes se rencontrent. Trois vies et trois destins différents. Elles ont un point commun: l’humiliation, la souffrance, la violence. Trois femmes en souffrance profonde. Qu’ont-elles subi? Le subsistent-elles encore? Doivent-elles partager leur calvaire? Quand on lit une pièce de théâtre, l’imagination est très sollicitée. Il faut imaginer les personnages, leur gestuel. C’est beau. Ces trois femmes se rencontrent pour la première fois. Elles viennent d’horizons différents. Pourtant, elles se reconnaissent en tant que victimes. Elles se voient en tant que femmes manipulées. La faute? Au sexe dit fort.
La conversation entre les trois femmes est très subtile. Très fine. Très succincte. Le lecteur entre discrètement dans leur vie. Il avance avec prudence. Timidement. De peur qu’elles ne se taisent à jamais. Ces confidences se méritent. Les trois femmes parlent, avec pudeur, de ce qu’elles subissent ou ont subi. Elles caressent doucement les violences. Elles tournent autour sans vraiment utiliser les mots. Ont-elles peur de se blesser à nouveau? Tremblent-elles à l’idée que ces violences se matérialisent? L’auteur raconte cette douce violence. Ce dur amour. Ce tendre martyre. Peu importe le lieu, le corps de la femme, sa psyché, son âme, sont broyés, sacrifiés à l’hôtel du Mâle prédateur ou de l’Autre, prédatrice.
C’est une pièce de théâtre d’une grande force. Trois femmes se racontent. Se découvrent. Pourtant, elles ne se connaissent pas. Un grand nombre de violences subies par les femmes y est mentionné: viol, harcèlement, coups, mariage forcé, violences intrafamiliales… Avec pudeur, elles font, du lecteur, un témoin muet et révolté de ce qu’elles ont subi. Pourquoi en parlent-elles? Qu’est-ce qui les amenées dans le même lieu? Arriveront-elles à se libérer de cette violence? Comment? Le monde est sans pitié envers elles. Elles semblent résignées à leur sort. Elles acceptent passivement leur vie. Mais l’une d’elles a lutté pour se libérer de cette violence. Sort-on vraiment indemne de cette tentative de destruction de la féminité? La fin de cette pièce de théâtre est émouvante et devrait faire réfléchir toutes les victimes de violences.
9782336457086 Ed. L’harmattan Coll. En scène 64 p. 10€

