Nouvelles du bush – Henry LAWSON – 2021 – L’harmattan

Quatrième de couverture

Henry Lawson (1867-1922) est l’un des représentants incontournables de la littérature australienne de la période coloniale, ainsi qu’une figure littéraire nationale, qui occupe encore une place importante dans la psyché australienne. Pendant de nombreuses années, il a travaillé pour plusieurs quotidiens dont le « Bulletin », et passé de longues périodes à sillonner la Nouvelle-Galles du Sud. Cette expérience a nourri son écriture et lui a permis, dans un style réaliste, coloré et empreint d’humour, de pathos et d’ironie, de décrire le bush et de rendre compte de la vie difficile des broussards pour lesquels il éprouvait une empathie sans faille. Ce choix de vingt nouvelles représentatives de son style, permettra au lectorat francophone de découvrir des personnages hauts en couleur et de voyager dans des contrées à la beauté aride et époustouflante.

Mon Avis

Ce roman a été écrit au 19e siècle, à l’époque de la colonisation de l’Australie. Je le précise, car, au début, certains mots, certaines expressions concernant les autochtones, sont dérangeants. Le replacer dans son contexte politique et historique de l’époque, a permis de prendre du recul. Cependant, l’un n’excuse pas l’autre, mais, permet d’apprécier la lecture. Ce recueil de nouvelles montre des tranches de vies dans le bush, cette partie sèche et peuplée de bêtes sauvages, très dangereuses. Cette partie australienne où l’humain semble oublier son humanité. Pourtant, il respecte les morts et partage gratuitement ses rations. C’est assez contradictoire, non?

Ce recueil de nouvelles raconte la rude vie des colons blancs. Et de leurs voisins autochtones, au 19ème siècle, en Australie. La plume de l’auteur est aussi rude que la vie des colons, avec une touche d’humour. Le texte est semé d’expressions typiques du bush. Leur signification se trouve à la fin du livre. Les personnages sont hauts en couleur. Leur langage est celui d’une population de la brousse n’ayant pas taquiné le crayon scolaire. Le regard porté sur les autochtones est très réductif et a des relents de racisme. Mais c’est très instructif sur la relation entre les deux groupes. Certains récits font penser au cannibalisme des colons sur les Noirs autochtones, qui étaient l’objet de chasse comme en Afrique du Sud, à la même époque. Cela me questionne.

Certaines nouvelles sont d’une grande tendresse car les hommes rudes du bush parlent difficilement de leurs sentiments. Quand ils le font, c’est rudement beau. Doucement violent. Fortement tendre. Les hommes sont à l’image de leur environnement. Des hommes qui vont d’une ville à l’autre, en traversant, à pieds, de vastes étendues de désert, seuls ou en groupe. Les discours sont rudes. Le langage est souvent châtié. Au 19e siècle, époque où ce livre a été écrit, le bush australien était pire que le Kalahari. L’eau y manquait déjà. La poussière emplissait l’atmosphère. Les animaux dangereux y pullulaient. C’est ce que nous raconte l’auteur, qui a côtoyé ces hommes sculptés par un environnement aride. Les nouvelles sont très touchantes et parfois bizarres.

 

9782343239606   Ed. L’harmattan Coll. Lettres du Pacifique   198 p.   21€

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