Quatrième de couverture

Quel rapport entre un nourrisson abandonné au pied d’une église, une femme à la recherche de sa sœur disparue, un criminel en quête de rédemption et un père consumé par le remords ? Quels secrets relient le village libanais de Mradine à la ville de Kandy au Sri Lanka ? Les filles de l’oubli entraîne le lecteur dans une histoire captivante entre la montagne libanaise et l’océan Indien. Au cœur de l’intrigue, deux femmes, Rita et Kali, unies par les liens du sang mais séparées par le destin, menant un combat héroïque contre la servitude et la barbarie. Leurs trajectoires tumultueuses font de ce livre un roman bouleversant, doublé d’un précieux témoignage sur le pays du Cèdre.
Mon Avis
Vivre au Liban, en tant que sri-lankaise, est un calvaire pour Rita. Abandonnée à sa naissance, elle est recueillie par des religieuses. Bouc émissaire, souffre-douleur, elle a été martyrisée pendant toute sa scolarité. Elle a, ainsi, appris à se faire plus petite, voire invisible. Sa jeune vie n’a pas été épargnée. Heureusement que son imagination, par le biais de la lecture, lui permet de s’évader. Elle a appris à se taire et à ne jamais se plaindre. Son rêve? Découvrir le pays de sa mère: Le Sri Lanka. Tant d’injustice, de douleur pour une si jeune femme. Pourquoi a t-elle été abandonnée? Qui sont ses parents? Où vivent-ils? Sont-ils encore en vie ? Quel est leur histoire? Tant de questions sans réponse.
Un jour, elle découvre sa famille libanaise. Pas avoir subi le pire pour une femme, cela lui mettra, peut-être, du baume au cœur. Va savoir. Rita s’est refermée sur elle. Sur son terrible secret. L’auteur nous fait rentrer en douceur dans une histoire, toute en émotion. Dans la vie d’une jeune femme. Une vie faite de drames, de deuil, de non-dits, de souffrance. Il décrit, avec pudeur, le racisme auquel ce petit bout de femme fait face. Elle est métisse, mais les gens ne voient que la couleur de sa peau et les origines étrangères de sa mère. Comment vivre bien quand dans son cœur et dans son corps, elle ressent la souillure qui se dépose en elle au quotidien. Comment se sentir comme tout le monde? Comment dire que l’on n’est qu’une personne comme les autres?
L’auteur nous fait découvrir la mentalité de l’entourage de Rita. Rejetée par tout le monde. Et seulement aimée des religieuses qui l’ont élevée. Comment, à son âge, a t-elle pu résister à tant de mauvais traitements? Pourquoi ne se plaint-elle jamais? Que lui réserve l’avenir? Le lecteur se prend d’empathie pour cette jeune femme. N’être jugée que par ses origines, est si terrible. J’ai été admirative de sa résilience, de son courage. Elle ne veut pas être une victime. Elle est, plutôt, indifférente au monde qui l’entoure. Qui la rejette. Et sa famille libanaise, comment la voit-elle? Toute sa courte vie est faite de souffrances. Pourquoi n’a t-elle pas droit au bonheur? À des projets d’avenir? Elle y a droit comme tout le monde. N’est ce pas?
9782336557069 L’harmattan Coll. Amarante 244 p. 22€

