
Quatrième de couverture
Vers Provins 1348. « Il faut voir le monde derrière le monde. » Cette invitation de l’alchimiste Salomon à comprendre le sens des choses au-delà de leur apparence va tarauder puis réunir Myriam, sa petite-fille, Ancelin de Mortefoy, fils du seigneur local désargenté, et Guibert, compagnon charpentier. Comment interpréter l’arrivée simultanée de la peste noire, de l’invasion du Royaume par les Anglais, de la montée en puissance des marchands aux dépens des seigneurs et des chevaliers ? Et surtout : comment rester en vie ! Ils vont devoir l’apprendre dans un monde paraissant changer tout en restant le même, où les peurs, les superstitions, l’ignorance, le fanatisme et l’ambition déréglée amalgament intérêts personnels et enjeux collectifs. Une époque de turbulences qui, de mythes en légendes plus ou moins féeriques, les ballotera au gré des intrigues d’un évêque prêt à tout pour devenir pape et récupérer le château familial dont il fut chassé, des sulfureuses apparitions d’un moine mystérieux, des prophéties d’une sorcière guérisseuse, des révélations sur les origines d’une servante aimante et aimée propices à les mener au bûcher…
Mon Avis
14e siècle. Le monde politique et le monde ecclésiastique se préparent à un grand événement. Lequel? Ces projets semblent reculer devant une malédiction: la peste, qui est de retour. Pour combien de temps, cette fois-ci? De plus, chrétiens et juifs se côtoient sans grande envie de se lier d’amitié. Chaque clan semble voué aux gémonies. Dans ce monde muré dans l’attente de je ne sais quoi, deux adolescents se rencontrent: Myriam, juive et fille d’apothicaire, et Ancelin, chrétien et fils du Seigneur des terres qui est désargenté. Il y a aussi ce parchemin-mystère volé. Quel est son secret? Tous ceux qui l’ont lu sont terrifiés. Que prédit il? Pourquoi cette terreur? Il y a des relents, que dis je, des prémisses de l’inquisition. Quand des ambitions se croisent, le complot et la duplicité ne sont pas loin.
Tout cela, en pleine épidémie de peste. L’auteur nous emmène à l’époque médiévale où deux religions se font face: le christianisme et le judaïsme. Les premiers sont désargentés. Les seconds détiennent le pouvoir économique et financier. De nombreux rebondissements gardent le lecteur en alerte. Il y a de nombreux passages où l’humour est très fin. Cette narration se fait entre réalité et fantastique. Et c’est très bouleversant. Très attrayant. J’aurais voulu que ce récit ne se termine jamais, tant je m’étais totalement impliquée dans le récit. Je l’ai lu d’une traite tant j’ai aimé. Entre le droit du cuissage, les violences sexuelles faites aux femmes, le Moyen Âge nous apparaît dangereux.
Au vu de l’hygiène du 14e siècle, la présence de la peste et de son vecteur, le rat, n’est une surprise pour personne. C’est la première fois où un auteur parle de ce petit coussin d’herbes que mettaient les femmes, pour tenter de faire un pied de nez aux mauvaises odeurs corporelles et intimes. Cela n’empêche pas Myriam d’avoir une mission à accomplir. Une mission dont elle ignore tout. Ancelin y est peut être associé. Qui sait? L’auteur nous fait découvrir le 14e siècle dans tout ce que ce dernier a de plus virulent. De plus sale. De plus dangereux. Quand le clergé et la politique se rassemblent sur un projet, il n’en sort rien de probant. Mais, c’est le début de la grande inquisition qui veut assainir la foi, mais pas la ville et les humains. Est-ce là le destin de nos deux jouvenceaux?
9791042805753 Les Impliqués Ed. 228 p. 22€

