
Quatrième de couverture
Vous venez de franchir les portes de la cinquantaine quand vous vous retrouvez devant l’emplacement vide de ce qui fut le groupe scolaire où se situait votre école primaire. Repérer les traces de celle-ci, être submergé par l’émotion et voici que la sirène de midi va vous replonger dans le souvenir des sirènes de midi de votre enfance. Votre émotion est stoppée net à la pensée du gamin que vous étiez et dont vous occultiez le souvenir. Mais comment vouloir ressusciter l’école sans l’aide de ce gamin ? Résolvez-vous alors à un face-à-face sans concessions avec votre moi de douze ans, qui vous apportera, avec l’apaisement, une nouvelle force de vie.
Mon Avis
Je n’ai jamais eu autant de mal à entrer dans un récit. Pourtant, tout y est superbe. Les mots, les descriptions de la vie martiniquaise. Le narrateur, à l’époque, travaillait sur cette île qu’il n’a pas vu changer. Maintenant retraité, il semble redécouvrir l’île de son enfance, presque effacée par la modernité et l’évolution de cette dernière. Les souvenirs sont tenaces. Ils le harcèlent à chaque coin de rue, à tel point qu’il en oublierait la réalité. Il est vrai que la retraite offre ce plaisir de flâner, de laisser les souvenirs envahir, chaque instant, les pensées. C’est, pour l’auteur, un réveil à l’appel de l’oiseau matinal: le pipiri, en souvenir de l’ancienne Fort de France, la ville de son enfance.
Sa ville a évolué au fil des années. Certains endroits ont disparu. D’autres sont toujours là, fidèles au passé, affrontant le présent. L’auteur a du mal à passer devant ces lieux qui ont changé au fil du temps et qui n’ont plus rien à voir avec ce qu’ils étaient « Antan lontan (autrefois)« . Il nous entraîne dans son sillage, à travers les rues de Fort-de-France. Chacune d’elles est un souvenir qui l’a marqué. Les mots décrivent la nostalgie, la surprise de découvrir une ville qui a changé sans qu’il s’en rende compte. Le lecteur ne se lasse pas. Ce roman me fait penser à « Rue Case Nègre » de Joseph Zobel. Il y a une similitude entre la vie des enfants, leurs jeux, leurs disputes et les agissements des parents.
Vouloir retrouver son école et trouver un vide à la place, c’est le genre de chose qui peut arriver à tout un chacun. L’auteur, rêveur de nature, a tout simplement remis son école à sa place habituelle, par le biais de ses souvenirs. Des souvenirs qui finissent par s’élargir à la ville. Au quotidien des citoyens. Au quotidien des citadins. Au quotidien de ses parents. Le lecteur va de découverte en découverte. Et le récit est plein d’humour. Tout le monde peut se reconnaître dans cette enfance, en étant né à la même époque que l’auteur. La vie frémit à chaque page. Le lecteur s’imagine très facilement la vie simple des habitants de Fort de France et de ses écoliers.
9791042808785 Les Impliqués Ed. 244 p. 23€

