N°24 – Lou Maëlle – 2019 – Ed. Et le bruit de ses talons

Quatrième de couverture

Elle est de celles qui ingèrent le dégoût et qui en jouissent.
Elle.
Elles dévorent la passion, en mordent la chair et se jettent en son abysse. Déforment le désir, le goûtent et fléchissent. Elles sucent l’abject, embrassent l’aversion et recrachent un vertige. Elles avalent l’inconnu, lèchent ses mains nues : se régalent d’une bavure et dégustent la souillure.
Elle.
Elles traquent l’adrénaline, se penchent au balcon, jouent à se faire peur et traversent le risque. Elles cèdent à la pulsion. S’embrasent, forcent l’orgasme et se noient dans les spasmes.
Elle.
Elles rentrent fatiguées, bercées de vague à l’âme et bordées de nausée. Elles câlinent un tourment. Elles ne crient pas, elles chuchotent. Alternent ombre et lumière. S’ouvrent et se ferment. Elles violent un cauchemar, étreignent un souvenir, l’enserrent et l’étouffent. Enfin, elles respirent.

Chronique

Quand on y réfléchit bien, les traumatismes de l’enfance se répercutent sur la vie d’adulte. D’une manière souvent négative. Parfois, surprenante ou avec beaucoup de cynisme. ELLE en sait quelque chose. Que lui est-il arrivé, Que veut-elle? Finira t-elle par trouver la paix?

ELLE nous raconte. Elle fait de nous des témoins. Des voyeurs pas forcément consentants. Mais, des complices par la force des choses. ELLE a un vide en elle qu’elle doit combler. Qu’elle veut combler. Peu importe la manière. Peu importe la raison. Juste remplir ce vide ouvert en elle, il y a des années. Durant son enfance. Pourquoi ne pas se faire mal? Pourquoi ne pas accepter le sordide puisqu’elle n’est rien, ni personne? Elle est sale, insignifiante, sans âme et sans pudeur. Qui pourrait l’aimer puisqu’elle ne s’aime pas et n’a aucune pitié pour elle-même et pour son corps?

De fil en aiguille, se dessine une vie malheureuse. Un geste compromettant qui salit un enfant et lui fait perdre confiance en elle et en son corps. Ce désespoir ouvre un gouffre vertigineux qu’elle peine à combler. ELLE ressent une opacité qu’elle n’arrive pas à repousser. Elle a un corps fait d’immondices avec lequel elle ne peut avoir aucun plaisir, aucune pitié. Alors, elle va jusqu’au bout. Au bout de l’innommable, de l’impensable, du détestable. Pour une fois, remplir ce vide. Ce vide incommensurable qui est le sien. Qu’elle connait si bien. Alors, il lui faut aller au bout d’elle même. Pour enfin exister. Les mots sont forts ainsi que les actes posés. Cette détresse fait appel à notre empathie. C’est une belle histoire superbement écrite. Ce qui rend la lecture addictive. 

Note 17/20

9782379120053   Ed. Et le bruit de ses talons   110 p.   15€

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