Quatrième de couverture
Démembrement rural est un polar féministe qui se déroule dans le monde contemporain. Les questions d’actualité y sont traitées sur un mode plus fantaisiste que sérieux, mais le fond n’est pas si léger qu’il y paraît. Un meurtre barbare met en ébullition Trifaille sur Borge, petite ville de la grande banlieue parisienne sans attrait, entourée de fermes. L’assassin a sectionné une jambe du cadavre et l’a emportée. D’autres crimes suivront et, chaque fois, le serial killer prélèvera un morceau différent de sa victime. Le lieutenant de gendarmerie chargé de l’enquête est largement dépassé par les événements et doit accepter à contre cœur la collaboration d’une jeune et sulfureuse psycho criminologue. Ils auront maille à partir avec les roms du campement voisin, avec un groupe de migrants fraîchement débarqués dans la commune, un excité d’extrême droite, des adolescents rebelles et des marginaux tous plus suspects les uns que les autres. Le coupable ne se laisse pas facilement identifier et pourtant il fait partie du lot !
Chronique
D’habitude, dans les polars, l’auteur commence en parlant de l’environnement, de la vie des personnes qui ne savent pas que leur vie va être bouleversée à jamais. Dans ce roman, rien de tel. Dès les premières lignes, les premiers mots, le suspens prend vie et s’agrippe au lecteur comme une sangsue. L’atmosphère se fait plus lourde. Une sorte d’appréhension accompagne cette atmosphère. L’angoisse est à son comble lorsque le malheur frappe. En plein dans le mille, si j’ose dire. Pas de fioritures. C’est l’équivalent d’un film que l’on regarde avec, en arrière-plan, une musique qui réveille toutes les angoisses. Et, d’un coup, un bruyant sursaut annonce l’arrivée du méchant.
Un gendarme flegmatique et une psycho-criminologue se relaient pour résoudre ces énigmes. Pourquoi tous les corps ont-ils subi une profanation? Quel en est le sens? Cela a-t-il vraiment un sens? Dans ce village où tout le monde se connait, les langues vont bon train. Les rumeurs enflent. Les langues se délient. Les questions se posent tout naturellement. Qui est le tueur? Est-il seul? Est-ce quelqu’un du village? Des questions auxquelles tentent de répondre les deux enquêteurs. Ce qui n’est pas facile au vu des cadavres que chacun a dans son placard.
L’enquête de ce polar se passe tout en douceur, bien que, dès les premières lignes, le crime s’annonce. Le village tout entier est en état de choc. L’arrivée des policiers ne détend pas l’atmosphère. Loin de là. L’écriture est claire et tient en haleine. Je l’ai lu d’une traite tant l’intrigue était addictive. Le lecteur n’a qu’une idée en tête: qui? La réponse ne sera obtenue qu’à la fin. Le suspens est maintenu jusqu’à la dernière page. Les deux policiers qui ne s’entendent pas sont obligés de collaborer. Hum, comment feront-ils? Un thriller qui nous captive, nous transporte sur les lieux du crime et nous lâche, exsangues, à la découverte du ou des tueurs.
Note 17/20
9782490580071 Ed. Le chant des voyelles 162 p. 16€

