Quatrième de couverture
Suite à un meurtre, Camille, jeune veuve, se voit contrainte de fuir son village. Traquée par des hommes qui cherchent vengeance, elle se réfugie dans la grande ville. Mais le vrai danger qui la poursuit ne va lui laisser aucun répit : une jalouise perfide veille et s’insinue dans les veines. Le diable crie dans les veines de Camille. Camille est jalousie. Elle cherche en vain celui qui ne la décevra plus et de village en village, de misère en misère, répand son venin. Mais le passé rattrape Camille. Alors elle fuit, se cache derrière les murs de la grande ville, loin des hommes qui la traquent.
Chronique
La vie est art. Faite de tableaux qui s’animent au gré des instants. C’est une pièce de théâtre où les acteurs s’animent dès la levée d’un rideau invisible. Ce sont des images qui racontent une vie. Des vies. Celle de Camille. Camille unique. Camille multiple. Camille le sait. Elle qui fuit l’âme damnée d’un être. Les regards concupiscents et, surtout, l’animosité humaine. Pour aller où? Pour quoi faire? Devra-t-elle toujours regarder derrière elle? L’endroit qu’elle a quitté conserve tous ses biens. Mais, pas sa douleur. Pas son cœur meurtri. Pas sa jalousie. Que fera-t-elle de sa nouvelle vie d’errante?
Il a fallu un instant pour que son monde bascule dans le gris de la gare. Des murs de pierre. Du temps. Que fuit-elle? Qu’a-t-elle fait? Les mots courts, forts, avides remontent le cours de son histoire. Ils racontent. Dans la blancheur de la neige. Dans le gris des fumées. Dans le noir de la haine, de la jalousie. Ils disent l’impensable. La solitude. La misère des gens. Le regard égrillard des hommes. Des bouches racontent. Accusent. Des yeux se baissent. Ils n’ont rien vu. Les cerveaux imaginent. Soupçonnent. Les langues se délient. Pas de maladie. Pas de sang. Mais la mort. Froide. Violente. Indifférente. Elle a frappé. Sûrement. Peut-être. C’est la faute à Dieu.
L’auteur a une plume magnifique. Quelques mots et la scène se dessine. L’imagination s’enflamme. Quelques lignes, et l’histoire prend un sens profond. Inattendu. Qui est Camille? Les pages se tournent avec avidité. Avec curiosité. Jamais d’indifférence. Au contraire. La plume est légère, directe, sans fioritures. Quelques phrases et la poésie des mots éclate. Des tableaux figés reprennent vie. Et la mort se remet en marche. Elle joue timidement l’oiseau de mauvaise augure. Tout simplement. Mais, tout a une fin: la vie, la fuite, le bonheur, l’amour. La vengeance se dessine sur un tableau tout simple. L’on ne peut pas se fuir. Surtout quand l’on est son propre ennemi. Camille l’apprendra bien vite. Au bon moment.
Note 18/20
9782829006449 Editions d’En Bas 118 p. 9€

