Quatrième de couverture
Découvrez l’histoire des Radium Girls, ces femmes sacrifiées par l’industrie de l’Amérique des années 20 et 30… Au printemps 1917, la United States Radium Corporation recrute en masse de très jeunes filles comme ouvrières peintres de cadrans de montres à destination de l’armée. Elles utilisent une invention révolutionnaire, la peinture Undark, à base de radium, qui permet aux chiffres de briller dans le noir. Le radium est à la mode et même gage de bonne santé ! Pour ces filles d’origine modeste comme Grace, Kathy, Edna ou les sœurs Maggia, c’est un emploi en or ! Pourtant, quelques années plus tard, elles développent d’étranges et effrayantes maladies… Les médecins n’y comprennent rien et US Radium nie farouchement toute responsabilité. Qui osera demander des comptes à l’une des plus puissantes firmes du New Jersey ? Cinq femmes décident d’unir leurs efforts pour comprendre et réclamer justice. Entre enquêtes, mensonges et tâtonnements scientifiques, une invraisemblable bataille judiciaire commence…
Chronique
« L’ignorance est à l’origine de nombreuses erreurs » dit un proverbe sénégalais. Un proverbe qui illustre la découverte et la banalisation du radium au début du vingtième siècle. A ce moment, Pierre et Marie Curie travaillent sur ce métal dont certains effets sont totalement méconnus. Cependant, ce produit devient à la mode. Tout le monde veut avoir son objet imprégné de radium pour soulager et/ou guérir tous les maux. Malgré les conseils de Marie Curie, nul ne prend des précautions en manipulant ce produit. Encore moins la United State Radium Corporation qui peint les cadrans des montres au radium. De jeunes ouvrières y travaillent sans aucun moyen de protection.
Un mal inconnu frappe les ouvrières de United State Radium Corporation. Quelle en est l’origine? Est-ce une épidémie? Le radium serait-il la cause principale de ce mal? Une enquête est ouverte et cinq femmes décident de faire front face aux employeurs, aux médecins et à la justice. Pourront-elles bénéficier d’une écoute et, surtout, d’une aide financière de la part de leur employeur? Représenteront-elles les jeunes ouvrières gravement malades voire décédées? Leur employeur refuse de reconnaitre ses responsabilités dans cette épidémie létale. Un combat s’engage ainsi qu’une course contre la montre.
Comme toujours, la reconnaissance des responsabilités des employeurs est difficile à obtenir et leur responsabilité, difficile à prouver. Ce qui existe aussi à notre époque. Cette bataille qui a réellement eu lieu, est celle de toutes les victimes des entreprises pour lesquelles elles travaillent . L’écriture est fluide, claire et forte. Elle prend en otage le lecteur, dès les premiers mots, dès la première ligne. Ce combat a bouleversé l’Amérique de l’après guerre (la première). C’était la première fois qu’un employeur était assigné au tribunal pour une maladie conséquente à la profession de ses employés. Les femmes qui avaient travaillé à US Radium avaient été rongées par le métal. C’étaient les prémisses de la reconnaissance de la maladie Professionnelle. Combien de plaintes d’employés aura-t-il fallu pour que la Maladie Professionnelle soit enfin reconnue? Ces ouvrières furent les pionnières.
Note 18/20
9782957252121 Ed. Le Lézard Bleu 212 p. 18€

