Acarouany – Jean-François DURIEUX – 2025 – L’harmattan

Quatrième de couverture

Guyane, 1987. Du fond de la jungle, une rumeur roule dans les flots tumultueux du Maroni jusqu’à l’Acarouany, léproserie reconvertie en camp de réfugiés surinamais : les insurgés marrons disposent d’une arme décisive, un avion capable de répandre une pluie de feu sur les troupes de l’infâme dictateur Bouterse. Légende ou réalité ? Jacob, admis à l’Acarouany au terme d’une épopée rocambolesque, connaît le fin mot de cette histoire, mais il a de bonnes raisons de le taire… Dix ans plus tard, Jacob est de retour à l’Acarouany. Qu’espère-t-il y retrouver ?

Mon avis

Les gens disent souvent « j’ai trainé ma carcasse« , « j’ai bourlingué ». En général, ce sont des baroudeurs. C’est un peu l’histoire de Jacob, aventurier malgré lui. Il raconte son épopée à sa petite-fille, Ariane. Tel ce fil qui permet de s’aventurer quelque part et de revenir sur ses pas. Est-ce un coïncidence? Il narre une épopée qui fait partie d’un bout d’histoire du Surinam, vers 1987. Une époque où la rébellion d’un militaire tentait de mettre à mal le gouvernement surinamais. Jacob a vécu cette période aux côtés des insurgés. Comment et pourquoi était-il avec ces derniers? Jacob dit Black Bird dut faire, contre son gré, de petites missions pour des pseudo mercenaires. Son avion leur est précieux. Et lui? En tant que pilote, il serait difficile de l’éviter. Tout ceci se passe le long du fleuve Acarouany. Entre la Guyane et le Surinam. Une seule idée hante Jacob: s’évader. Oui. Mais, comment?

Le Surinam est une ancienne colonie hollandaise d’Amérique du sud. Il a une frontière avec la Guyane et le Brésil. Son peuple est à majorité descendant des Marrons: un peuple qui s’est insurgé contre l’esclavage et a pris le soin de se cacher dans des endroits inaccessibles aux esclavagistes ou aux maîtres des plantations. C’est de ce dont nous parle l’auteur. Un peuple qui a pris l’habitude de se révolter, même contre son propre gouvernement. Par le bais de différentes générations, l’histoire du Surinam défile sous les yeux du lecteur. L’auteur nous ramène à l’époque ante et post indépendance, où la politique et les révoltes populaires s’entremêlaient.

C’est un roman haut en couleurs. L’auteur pousse ses personnages jusqu’au bout de leur histoire. De leurs sentiments, frisant, parfois, la folie. Il y a une sorte d’humour noir qui se dégage de ce récit. Il y a un non-dit qui fait de ces Marrons des êtres entiers, quel que soit leur choix. Les mots sont très forts et entraînent, souvent, le lecteur dans des situations pas très catholiques, mais, reflétant profondément la politique perturbée et perturbatrice du Surinam. L’histoire de cette partie hollandaise de l’Amérique du sud, ne peut se conter sans citer la Guyane française attenante. Dans leur forêt partagée et dense, chacun tente d’enfouir quelques secrets inénarrables.

 

9782336562568   L’harmattan Coll. Lettres d’Ailleurs Guyane   262 p.    23€

 

 

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