
Quatrième de couverture
Sébastienne, jeune intello de gauche, fille d’une écrivaine homosexuelle célèbre poursuit une quête masochiste de souffrances, une entreprise personnelle, radicale et raisonnée, presque mathématique, qui la conduira parfois au bord de la folie. Folie dans laquelle Raphaël, ex-mercenaire spécialiste des opérations les moins avouables, joue un rôle de corrupteur à la recherche d’une revanche perverse et cruelle sur une bourgeoisie qui l’a autant utilisé que méprisé. L’histoire finira. Mal pour lui, bien pour elle ! Mais… ce sont toujours les pauvres qui doivent payer pour les riches, n’est-ce pas ?
Mon Avis
L’adolescence est l’âge des découvertes. De son corps. De son intimité. C’est l’âge où le jeune repousse les limites. Sciemment. Sébastienne, dix-neuf ans, découvre qu’elle est, en partie, adepte du Marquis de Sade. Tout ce qu’elle subit de douloureux, est accepté, avec plaisir, comme la norme pour elle. Sa soumission à un homme plus âgé, est un bonheur sans fin. Combien de temps cela durera il? Sa condition d’esclave joue t-elle sur sa vie sociale ou familiale? Que dire des complicités dont elle jouit? Peut-elle repousser indéfiniment les limites? Le fait-elle par plaisir ou pour défier son entourage? Les questions sont nombreuses. Et les réponses absentes. Sébastienne se questionne. Pourra t-elle changer de conviction au fur et à mesure de son évolution dans le temps?
Je dois avouer que cette jeune femme m’a intriguée. Ce penchant pour la douleur est-il en lien avec son histoire familiale? N’est-ce pas le jeu d’une jeune fille de bonne famille qui s’amuse à se rebeller en s’autodétruisant? Ce qui est inquiétant, c’est son esprit machiavélique pour se faire du mal. Elle s’automutile avec un plaisir qui frise la folie. La démence. La perversité. L’obsession. Toute sa vie, tout son être est à la recherche de ce qui peut briser ses limites. Les mots de l’auteur sont durs. Douloureux. Fous. Cette dernière nous raconte la schizophrénie d’une femme qui se fait du mal et s’encourage à aller encore plus loin. Une femme qui s’auto félicite de ses idées machiavéliques.
C’est une sorte de dichotomie existentielle que représente Sébastienne. Elle s’adonne à ses plaisirs sans trop se poser des questions. Plutôt, en préférant ne pas trop s’en poser. Ce sont, peut-être, des actes d’une enfant de bonne famille qui s’ennuie à mourir. Qui sait? C’est la situation qu’elle a trouvée pour rendre sa vie plus trépidante. Trouvera t-elle, un jour, quelqu’un qui la suivra dans sa folie? Dans sa recherche effrénée de la douleur? C’est un roman délirant qui m’a laissée dans l’expectative. Il y a beaucoup de cruauté. De moments infâmes. Je n’ai pas compris ce besoin si fort d’autodestruction. Pourquoi tant de sadisme? Il est vrai que Sébastienne semble se punir de quelque chose. Mais quoi? Elle risque de se perdre dans sa recherche. Cela arrivera t-il?
9782915635775 Tabou Ed. 158 p. 9€

