Façon de voir – Brigitte JOSEPH-JEANNENEY – 2026 – Ed. TriArtis

Quatrième de couverture

Lire ce recueil, c’est poser les yeux sur ceux qui ne voient pas, voient peu, ne sont pas vus. C’est se mettre à la place d’une marcheuse à la canne blanche, d’une voisine derrière son rideau, ou encore d’une mariée qui n’a pas mis ses lunettes. Et si ce regard, loin d’être défaillant, n’en devenait que plus pertinent ? Et si l’aveuglement se trouvait du côté… des autres ? Douze textes tantôt comiques, tantôt poignants, mais toujours surprenants.

Mon Avis

Nos cinq sens sont très importants. La vue, entre autres. Que peut-il se passer quand elle est perdue? Que peut observer, dans le voisinage, une personne assise quotidiennement, derrière le rideau de sa fenêtre? À quoi peut-on penser quand la vue n’est plus? C’est de cela que nous parle l’auteure: la force de caractère, la solitude curieuse, la solitude de l’aveugle, l’attitude des gens face à un handicap non compris ou non accepté. Ce recueil est d’une grande beauté. Il est aussi source de nombreuses émotions. Comment réagit le monde actuel face à  une situation de handicap? Ici, cela concerne la vue. Un sens bien indispensable à toute vie. À travers différents personnages, différentes situations, l’humain est dépeint dans ses pensées, son empathie, son déni de la maladie, ou sa force face à son état.

Combien de fois avons-nous vu dans la rue une personne marcher avec un bâton blanc, avec des lunettes soleil et/ou un chien accompagnateur? Quelle a été notre réaction? Avons nous chercher à connaître son état d’esprit? L’auteure nous en parle tout en pudeur. Tout en empathie. Elle nous fait découvrir le monde à travers le regard d’une personne rongée par la solitude. Une personne hantée par le mal qui éteint doucement son regard sur le monde qui l’entoure. Une personne qui fait face à un déni. L’auteur le fait avec un tel talent que le lecteur s’identifie au personnage et ressent profondément son état d’esprit.

Les mots décrivent, aussi, la solitude de la personne atteinte de ce mal qui l’éloigne doucement, mais inexorablement, de la société et de la lumière. Un mal source d’angoisse quant à un devenir incertain, un devenir dans un monde opaque. Ce recueil est un cri de résilience. De force intérieure. D’humour noir et douceâtre. La perte de la vue a deux conséquences contradictoires: non seulement elle isole la personne, mais, parfois, elle permet de briser une solitude mal vécue en faisant éclater en mille images le monde extérieur. Ce recueil est un ensemble d’histoires chargé d’émotions, dans un monde si égoïste qu’il n’arrive pas à tolérer celui qui a perdu la vue. Un monde inadapté à la canne blanche. Il y a parfois des exceptions. Mais elles sont si rares et chargées de curiosité. C’est un superbe recueil.

 

9782490198689    Ed. TriArtis     10€

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