AKAROA – Un paradis perdu en Nouvelle-Zélande – Xavier D’AUDREGNIES – 2025 – L’harmattan

Quatrième de couverture

1838, Nouvelle-Zélande. Un capitaine baleinier découvre dans l’île du Sud une rade naturelle remarquablement protégée. Il forme le projet d’en faire le port d’attache d’une flottille française de baleiniers et pour cela achète aux Maoris les terres de la péninsule d’Akaroa. Rentré en France pour chercher les capitaux et les hommes nécessaires à l’entreprise, il parvient à intéresser le gouvernement au projet, lequel décide de jeter les bases d’une colonisation par la France de l’île du Sud. Une aventure amoureuse entre un officier français et une jeune et belle Anglaise fera avorter l’affaire… À quelques jours près, la moitié de la Nouvelle-Zélande aurait pu être française ! Quelques jours : c’est le temps nécessaire à l’éclosion d’une passion, c’est le temps des tergiversations administratives, ou c’est encore le temps qui sépare un rêve de paradis sur terre de la dure réalité.

Mon Avis

Le bout du monde, au 19e siècle. Jean François Langlois, un jeune capitaine de baleinier, a un projet spécial en Nouvelle-Zélande. Il y croit dur comme fer. Cependant, il lui manque le plus important: l’argent. Comment faire pour trouver des partenaires et les moyens de réaliser son projet? Dans ce récit, nous abordons la notion de colonisation des terres. Le système semble bien rodé. D’abord la signature d’un traité. Puis l’arrivée des colons. Des prêtres. De l’armée. Comment se passera cette rencontre avec les autochtones? Le projet de loi, permettant ce projet, aboutira t-il? Un roturier comme lui pourra t-il enfin s’enrichir? Le hic, le grain de sable, ne sont pas loin. La frustration et la colère non plus. Pourquoi?

C’est une histoire enrichissante qui démontre combien les États colonisateurs pouvaient s’emparer des terres, par roublardise. Combien ces traités, signés à tire-larigot, pouvaient engager un peuple, sans que ce dernier ne se doute de ce que cela entraînerait, dans leur avenir. L’histoire est bien narrée, et reste addictive. Le vocabulaire est très riche, adapté à celui du 19e siècle. Cependant, l’auteur nous démontre les techniques qui permettaient aux Européens de s’approprier des terres. De faire signer des traités à des rois qui ne savaient ni lire, ni écrire, dans la langue dans laquelle était écrit le fameux traité. D’envahir des endroits déjà habités par des autochtones. 

Ce roman se lit très aisément. De plus, l’histoire reste belle. Une histoire qui nous transporte au début de la colonisation de la Nouvelle-Zélande. À travers la course à la création de comptoirs, entre la France et la Grande-Bretagne. Les autochtones sont simplement mentionnés, à part deux ou trois faits. L’histoire semble vraie et les personnages semblent avoir réellement existé. Jean François Langlois rêve de gloire, de richesse. Que deviendra t-il? Ses projets aboutiront-ils? À quel prix? L’histoire de la Nouvelle-Zélande se dessine sous nos yeux. Une histoire qui s’est écrite avec des autochtones jouant le rôle de figurants. Akaroa deviendra t-elle la capitale d’une Nouvelle-Zélande qui écrit un chapitre de son histoire? Que deviendront les autochtones? A quel moment seront-ils conscients d’avoir vendu leurs terres? Le réveil sera dur.

 

9782336539133    L’harmattan Coll. Romans historiques     136 p.    

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