
Quatrième de couverture
Métisse et abandonnée dans un orphelinat sur l’île de Jéju, en Corée, Nani est livrée à de mauvais traitements et à la discrimination raciale. Retirée de l’orphelinat par un inconnu, alors qu’elle est adolescente, Nani, illettrée, est obligée de vivre confinée dans un village de pêcheuses et de plonger en apnée au fond de la mer tout au long de l’année. Trompée et abandonnée par l’homme qu’elle prenait pour son protecteur, Nani tente de mettre fin à ses jours, mais elle est sauvée par une vieille pêcheuse du village. À partir de là, la vie de Nani change totalement :elle découvre l’amour, se marie…Mais la Corée étant colonisée par le Japon, Nani se retrouve au cœur de la Résistance à travers son mari…
Mon Avis
La Corée du Sud, au début du 20e siècle. Les Européens ont été éliminés car ils forçaient, par la violence, les autochtones à embrasser une religion différente de la leur. Les Japonais, après s’être installés pacifiquement, ont conquis le pays par la violence. Nani a eu le « malheur » de naître métisse européenne. Comme toute personne rejetée, elle a pris l’habitude de subir les violences, les rejets, en silence. Surtout, elle a appris à se faire invisible. À se rendre aussi petite que possible. A penser que ces maltraitances sont normales. Cependant, cela n’est qu’une partie succincte de ce roman. D’autres combats interpellent les héros de ce roman. Quels sont ces combats?
L’auteur nous dépeint une société particulière, de la Corée du Sud, au début du dix-neuvième siècle: celui des pêcheuses en apnée. Après avoir posé leurs valises dans ce pays, les Japonais l’annexent. C’est le début du cauchemar pour les Coréens. L’auteur raconte l’histoire de ce pays, à travers les péripéties d’un couple. Plutôt à travers le sort d’une femme: Nani. Une histoire qui se déroule au rythme de sa vie. De l’Intérieur, elle vit l’occupation japonaise. L’histoire est belle, triste, superbe. Elle est très bien écrite. Elle démontre à quel point le colonisateur peut être violent, inhumain. La surprise est pour la fin. L’auteur a bien gardé le mystère. Et cela m’a profondément surprise et amusée.
Cette lutte des coréens, prend tout son sens, quand on connaît la Corée du sud actuelle. Hanam Go et Nani vont être au centre de la lutte pour l’indépendance. Comment s’y sont-ils retrouvés? Quel rôle y ont-ils joué? Quel a été l’impact de cette lutte sur leur vie? Nani la métisse restera t-elle bannie pour toujours? L’auteur sait nous tenir en haleine. Je n’ai pas lâché le roman dès l’instant où je l’ai ouvert. L’histoire est touchante et belle. Elle est si bien racontée que le lecteur passe par beaucoup d’émotions: bonheur, tristesse, révolte. Ce roman fait comprendre le poids du douloureux silence des Coréens. Une douleur que partage le lecteur.
9782140265747 L’harmattan Coll. Rue des Ecoles 208 p. 22€

