Quatrième de couverture
1995 dans le plus grand barrage du Japon, cerné de montagnes, en plein hiver. Teruo Togashi voit sa vie basculer avec la disparition de son collègue, Kazuchi Yoshioka, au cours d’une tentative de sauvetage sur les sommets enneigés. Quelques mois plus tard, un groupe armé prend le barrage d’assaut et retient en otage les employés et la fiancée de Yoshioka, venue se recueillir sur les lieux de son trépas. Togashi échappe de justesse aux assaillants. Commence alors une chasse à l’homme glaçante, en plein Whiteout qui empêche toute intervention de la police. Seul Togashi peut sauver les otages et éviter la destruction du barrage. Il a 24 heures pour agir. Mais comment s’y prendre dans un blizzard sans fin, avec pour seules armes son courage et sa volonté de se racheter après la perte de son ami ? Rançon monumentale, menace d’inondation de la vallée entière, chantage, manipulation, faux-semblants… Qui sortira vainqueur de cette course contre la montre inéluctable, au cœur d’une tempête de neige impitoyable ?
Chronique
La disparition d’un être cher, fut-il mort en héros, est toujours pénible à vivre. Même si la vie reprend son cours, le deuil reste difficile à faire. Chiaki, la fiancée de Kazushi Yoshioka, souhaite voir l’endroit de la montagne où son fiancé a perdu la vie. Elle voudrait s’y recueillir. Malheureusement, elle n’est pas la seule à rallier le barrage où travaillait son fiancé. D’autres ont eu la même idée. Pourquoi ces hommes font-ils tout leur possible pour se rendre à un si grand barrage, perdu dans la blancheur montagneuse? Quels sont leurs desseins? Pourquoi sont-ils armés? Chiaki ainsi que les employés du barrage sont pris en otage. Togashi a pu s’échapper. Pour combien de temps?
Dans une neige blanche, fournie et qui tombe de manière discontinue, Togashi tente par tous les moyens de sauver ses coéquipiers et d’alerter les autorités. Une course contre la montre s’instaure. Il a peu de temps et très peu de ressources pour ce faire. Le roman est sans temps mort. Les preneurs d’otages ont des exigences hors norme et pas une once de remords. Chiaki, leur prisonnière, est bien placée pour le savoir. Qui sont ces hommes sans foi ni loi qui évoluent au cœur de cet immense manteau blanc, dans un froid glacial? Ils semblent bien renseignés. Le barrage est-il si facile à détruire? Y a-t-il un ou des traitres parmi le personnel du barrage?
L’histoire nous tient en haleine durant toute la lecture. Tout se passe avec une violence inouïe. L’écriture est légère, sans fioritures. A travers le récit, le lecteur se trouve face à un grand écran, comme au cinéma, et assiste au déroulé de l’histoire. Les rebondissements sont nombreux. Il ne manque plus que la musique de fond stressante qui fait sursauter le spectateur, à chaque claquement de porte. Chiaki et les autres otages ne pensent qu’à une chose: se soustraire vivant des mains de ces malfrats. Plus facile à dire qu’à faire. La police pourra-t-elle les aider à s’en sortir vivants? Chacun fait face à ses propres peurs, ses propres qualités et défauts, ses propres limites. Ce qui est difficile à assumer. Et si ce barrage, perdu en pleine montagne et noyé sous des mètres de neige, devenait leur dernière demeure?
Note 17/20
9782957260706 Ed. d’Est en Ouest Coll. Polar 478 p. 21,50€

